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Séance plénière du Conseil Régional – 13 octobre 2014
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Intervention de Nicolas MAYER-ROSSIGNOL
Président de la Région Haute-Normandie
Mesdames, Messieurs, Cher(e)s collègues,
Avant de débuter ce propos, je tiens à féliciter notre collègue Nicole Sampers-Duranton, élue Sénatrice le 28 septembre, ainsi que l’ensemble des sénateurs normands élus ou réélus lors du dernier renouvellement du Sénat. Ils savent qu’ils peuvent compter sur notre collectivité pour préparer ensemble l’avenir de notre Région.
Comme vous le savez j’ai souhaité que des lycéens puissent être invités à chaque séance plénière régionale, pour suivre nos débats et mieux comprendre le fonctionnement de l’institution. Je salue les élèves du lycée Jules Lecesne au Havre, leur Proviseur Madame Catherine Fleuret, les équipes enseignantes et Personnels Techniques du Lycée, présents aujourd’hui et qui prépareront le déjeuner qui vous sera servi ce midi.
Il y a un an presque jour pour jour, j’étais élu Président de la Région Haute-Normandie à l’unanimité de la majorité régionale. J’avais fixé une méthode : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit. Cela reste ma règle de conduite. Le meilleur antidote contre l’abstention, le meilleur rempart contre le populisme, la meilleure arme contre l’extrémisme, c’est cela : dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit.
Lors de ma première intervention le 14 octobre 2013, j’avais pris devant vous des engagements : écoute, terrain, concertation, décision, bonne gestion, respect de l’opposition, rassemblement de toutes les forces de la majorité. Après 12 mois passés à la tête de l’exécutif régional, ces principes guident toujours mon action.
Je ne souhaite pas faire l’inventaire de ce qui a été réalisé depuis un an, mais je voudrais rappeler quelques éléments qui me semblent importants pour l’avenir.
D’abord, la bonne gestion. J’avais indiqué ma volonté de m’inscrire dans les pas d’Alain Le Vern, en veillant à gérer d’une façon extrêmement sérieuse l’argent public que nous ont confié les Haut-Normands. Chaque euro public doit être un euro utile. Nul besoin de vous rappeler l’état des finances du pays et la façon dont la dette, le déficit national ou le solde du commerce extérieur ont évolué depuis 2002. Notre Région, elle, reste l’une, si ce n’est la, mieux gérée de France. C’est essentiel pour l’avenir. Comme le détaillera aujourd’hui Marc-Antoine Jamet, notre dette est maîtrisée, nos finances sont saines, et surtout notre niveau d’investissement est élevé.
Je crois profondément que ceux qui opposent bonne gestion et ambition se trompent. Que ceux qui répètent que la Région n’investirait pas suffisamment passent également à coté de la réalité. C’est grâce à notre gestion extrêmement sérieuse des deniers publics que la Région est capable de maintenir le niveau d’investissement le plus élevé de toutes les collectivités publiques normandes (371 millions en 2014). C’est parce que notre Région reste aujourd’hui l’une des mieux gérées de France qu’elle est aussi, et de loin, le premier investisseur public normand.
L’investissement, justement. Au-delà de notre action en matière économique, qui a produit de nombreux résultats (je pense à Lucibel, Aircelle, Alpine, Isoplas, Sealynx, M-Real, Copirel, Manoir Industrie, Revima, Compin, Nutriset), je me suis engagé pour le développement de la Vallée de la Seine. Dès le 8 novembre 2013, je réunissais ici tous les partenaires, élus (de tous bords), acteurs de la société civile, pour signer ensemble une lettre au Premier ministre indiquant notre attente « qu’à ce projet d’intérêt national corresponde une ambition nationale, portée par des moyens budgétaires supplémentaires et spécifiques de l’Etat ».
Je ne me suis pas engagé pour un énième rapport sur la vallée de la Seine, il y en a déjà beaucoup et leur l’intérêt est souvent inversement proportionnel à la renommée de leurs auteurs. Non, je me suis engagé pour que nous obtenions un plan d’actions concrètes, un véritable Contrat de Plan interrégional, un CPIER, qui ne vienne pas se substituer aux Contrats de Plan régionaux mais qui soit un vrai plus, une prime, en quelque sorte, à notre engagement pionnier vers la mutualisation, le rassemblement des forces pour une meilleure action publique. Car nous avons, plus que d’autres territoires, fait ce choix il y a déjà longtemps. Nous attendons dès lors une reconnaissance et un soutien de l’Etat.
J’ai plaidé cette cause lors de mon entretien avec le Premier Ministre il ya quelques semaines. Celui-ci m’a confirmé l’intérêt que porte le Gouvernement à notre projet. Il a reconnu que la Vallée de la Seine, avec ses ports, son tissu économique, industriel, touristique, son patrimoine exceptionnel, sa façade maritime, est un territoire stratégique pour le pays. Il a en conséquence décidé un effort national particulier à travers un Contrat de Plan Interrégional Etat-Région. Tout comme pour le Contrat de Plan Régional (le CPER), les Préfets recevront leurs mandats de négociation dans les tout prochains jours, il faut donc, à cette heure, être encore patient et prudent. Certes, les enveloppes seront sans doute plus modestes que sur la période précédente, mais chacun sait bien que l’argent public est rare. Mais le principe d’un CPIER ‘en plus’, d’une prime, est d’ores et déjà acté. Et je demande à chacun de s’arrêter un instant et de se poser cette question : qui aurait parié, il y a un an lorsque je nous engageais dans cette voie, que la Vallée de Seine bénéficierait d’un véritable Contrat de Plan à part entière et d’un engagement spécifique, sonnant et trébuchant, de l’Etat ? La bataille de la Vallée de la Seine, nous sommes en train de la gagner.
Au chapitre des grands projets, le dossier de la Ligne Nouvelle Paris-Normandie avance. Les premiers Comités Territoriaux se sont réunis dernièrement, à Rouen et à Evreux. J’ai tenu à y participer dans les deux cas. Surtout, près de 100 millions d’Euros sont d’ores et déjà engagés pour financer les études nécessaires mais également pour réaliser les premiers travaux, dans le cadre du prolongement du RER Eole à l’est de Mantes-la-Jolie. J’avais dit que la Région serait au rendez-vous de cet investissement majeur, et c’est le cas.
Au-delà des grands projets, l’investissement passe par les territoires. Depuis huit mois, avec les Présidents des Départements de l’Eure Jean-Louis Destans et de la Seine-Maritime Nicolas Rouly, nous allons à la rencontre des élus, des responsables associatifs, des chefs d’entreprises, pour déterminer les priorités de la contractualisation 2015/2020 et les traduire en projets concrets, en veillant à structurer, prioriser, hiérarchiser. La concertation sera bientôt achevée, partout les territoires travaillent et je veux saluer ici le sens de l’intérêt général de nos élus locaux.
L’ensemble de ces avancées qui ont rythmé ces douze derniers mois s’inscrit dans un contexte national en pleine évolution –et j’admets volontiers que c’est une façon aimable, pudique, de le dire ! Le projet de loi sur la clarification des compétences des collectivités est inscrit au débat parlementaire dans les prochains mois. Cette nouvelle étape de la décentralisation, j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer lors de notre séance plénière de juin dernier, doit aboutir à plus de clarté, de simplicité et d’efficacité de l’action publique, tout en préservant les services, les services publics, auxquels nous sommes attachés. Des collectivités plus fortes et plus efficaces, des compétences clarifiées, une fiscalité plus démocratique, tels sont les enjeux que nous avons rappelé, avec mes collègues Présidents de Région, au Premier ministre lors du congrès des Régions la semaine dernière.
L’autre loi, celle qui prévoit le regroupement des Régions et en particulier de la Basse et de la Haute-Normandie, a passé la première lecture au Parlement cet été. La deuxième débute bientôt, et nous verrons si tous les parlementaires qui affirment vouloir la Normandie et la clarification des compétences des collectivités territoriales auront le sens des responsabilités nécessaire pour mettre en conformité leurs actes, c’est-à-dire leurs votes, avec leurs paroles. Car seuls les actes comptent. Quant à l’Histoire elle retiendra, au-delà des belles paroles, que c’est la Gauche, oui la Gauche, qui fait la grande Normandie.
Je l’ai dit, notre Région est pionnière en matière de décentralisation : rassemblement autour de la Vallée de la Seine, 276, coopérations interrégionales multiples… notre démarche préfigure la fusion. La réforme territoriale est donc pour nous plus une évolution, certes substantielle, qu’une révolution. Les services régionaux Haut- et Bas-Normands travaillent d’ores et déjà ensemble à l’harmonisation comptable nécessaire pour que puisse être adopté, début 2016, le premier budget unique de la nouvelle Région. Ce travail technique, administratif, est difficile, il était nécessaire de l’entamer dès maintenant.
Avec mon homologue de Basse-Normandie nous avons saisi dès la fin du mois de juin les CESER normands –je salue le Président Lissot-, afin de travailler sur les coopérations existantes et sur les politiques communes qui pourraient faire l’objet d’un rapprochement à la fois efficient et rapide. Leurs travaux seront rendus à la fin de l’année. Nous disposerons ainsi d’une base documentée, étayée, d’un référentiel (c’est indispensable), pour les débats que nous aurons ensuite, dès le début de l’année 2015, entre élus régionaux ainsi, je le souhaite, qu’avec les autres élus locaux.
Mais au-delà des débats entre élus, j’ai une conviction profonde : la Normandie ne se fera qu’avec les Normands. Depuis mon élection, j’ai multiplié les rencontres avec nos concitoyens à l’occasion de réunions publiques (Yvetot, Saint-Valéry-en-Caux, Serquigny, Gaillon, Val-de-Reuil, Elbeuf vendredi) consacrées à l’avenir de notre Région, à la réforme territoriale, à la fusion des Normandie. Je poursuivrai et amplifierai ce travail de démocratie participative dans les semaines à venir. Nous avons également décidé qu’un site internet mutualisé à l’échelle Normande sera mis en ligne prochainement, pour permettre à tous nos concitoyens qui souhaitent contribuer au projet Normand de le faire.
Ce projet Normand, même s’il est trop tôt pour en arrêter le détail, il me semble qu’il pourrait s’organiser autour de trois grands axes qui doivent pouvoir faire consensus :
Premier axe, l’excellence normande : le développement économique et industriel, appuyé sur nos atouts : l’or bleu que constituent notre façade maritime, les énergies marines renouvelables, notre ressource halieutique ; nos pôles d’excellence autour de l’aéronautique, de la chimie et de la santé, de l’automobile du futur, de l’électronique, de la logistique et du portuaire (HaroPa mais aussi PNA, Cherbourg, Dieppe), des énergies et des filières ‘vertes’, de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
Deuxième axe, le rayonnement normand autour de la culture, du patrimoine, du tourisme. Du Mont-Saint-Michel au Château d’Eu, du centre-ville du Havre à Giverny, de la Cathédrale de Lisieux à Château Gaillard, la Normandie est mondialement connue. C’est un atout formidable, à nous d’en tirer parti. Je réunirai d’ailleurs les acteurs touristiques prochainement pour élaborer ensemble un plan d’action, qui déclinera un certain nombre de mesures permettant de répondre à cette priorité majeure pour notre Région.
Troisième axes, les solidarités. Dans la grande Normandie, 1+1 doit faire plus que deux. Le débat se focalise sur la question de la capitale ; c’est compréhensible, car toutes les régions du monde ont une capitale et c’est un enjeu important. Mais c’est en même temps réducteur. Car au-delà de sa métropole notre Région est faite de territoires multiples divers, riches, et notre grande Région, demain, aura besoin de toutes ces énergies. Dans cette grande Région, l’équilibre des territoires, la solidarité entre les territoires sera primordiale. Je me battrai, en tout cas, pour que tous les territoires soient respectés et valorisés dans la Grande Normandie.
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Quelques mots pour finir sur les dossiers la séance plénière qui nous réunit aujourd’hui. Dès mon élection, j’ai indiqué notre horizon stratégique : faire de la Haute-Normandie l’une des premières Eco-Régions de France. Nos efforts en faveur de la transition énergétique, pourvoyeuse d’emplois et d’activité, se sont poursuivis et amplifiés au cours des derniers mois. En atteste le Trophée de l’Innovation que j’ai reçu la semaine dernière au nom de la Région, au Congrès des Régions de France à Toulouse, dans la catégorie « Transition énergétique et développement durable ».
Nous allons soumettre au vote de l’assemblée lors de cette séance un ensemble de mesures qui démontrent une fois de plus notre ambition ‘Eco-régionale’: un Plan Air-Climat-Energie à bien des égards exemplaire, que présentera Véronique Bérégovoy; une politique volontariste pour l’accompagnement du secteur agricole, portée par Claude Taleb ; le soutien à la filière bois ; la préservation de la biodiversité. Nous allons aussi nous engager pour lutter plus efficacement contre le chômage des seniors ; pour accompagner l’enseignement supérieur et la recherche, pour investir encore davantage dans la culture. Au delà de nos divergences politiques, je souhaite que ces sujets d’intérêt général puissent nous rassembler.
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Mes chers collègues,
L’année qui s’achève fut riche en changements. Ce qui nous attend est plus grand encore. La réforme territoriale ouvre de nouvelles perspectives, qui sont autant de défis. De nombreuses incertitudes, et c’est finalement assez logique compte tenu de l’ampleur des évolutions engagées, demeurent. Dans un tel contexte, nous pourrions choisir de poser le stylo, de baisser les bras, d’attendre que la poussière retombe, que les choses soient définitivement stabilisées. J’affirme pour ma part que notre Région ne peut pas attendre. Notre Région a besoin de force, de souffle, d’énergie, d’investissements, d’action, de décisions. C’est pourquoi j’ai décidé d’engager dès à présent notre collectivité sur la voie du progrès. Je vous remercie.