(fil-fax 08/10/14)
Avocat, journaliste, président de coopérative agricole, auteur de théâtre, député, sous-secrétaire d’Etat, ministre et Président du conseil… André Marie (1897-1974) dont le député PS Christophe Bouillon et l’historien Mathieu Bidaux viennent d’écrire une biographie a mené plusieurs vies de front.
En politique, cet homme à la voix de stentor et au contact facile était « un modéré » issu de la famille radicale et cherchant dans les années 1920 et 1930 la voie étroite entre le « fascisme autoritaire » et la « dictature prolétarienne ». En 1936, partisan du Front populaire, il assurait toutefois vouloir « maintenir » dans sa circonscription « l’union permanente, homogène des républicains authentiques ».
Résistant et déporté, il fut partisan de l’Algérie française et opposé au gaullisme. Sa carrière nationale s’épanouit sous la Quatrième république durant laquelle il fut ministre de la Justice puis de l’Education et enfin durant un mois Président du conseil. Localement, ce natif de Honfleur fut l’homme fort de la région de Rouen avant Jean Lecanuet et Laurent Fabius. Abusant bien volontiers du « clientélisme », comme le soulignent les auteurs, il se constitua un fief autour de Barentin dont il fut maire de 1945 à sa mort en 1974. Son nom reste attaché à la bretelle d’autoroute Barentin-Rouen et au pôle commercial Carrefour.
Sa carrière s’est étendue sur un demi-siècle et trois républiques. Au XXème siècle, seul le sénateur Geoffroy de Montalembert, à droite, peut afficher une telle longévité. Notable à l’ancienne, André Marie est aujourd’hui bien oublié.
• André Marie 1897-1974 Sur les traces d’un homme d’Etat, Christophe Bouillon, Mathieu Bidaux. Editions Autrement