(fil-fax 14/10/14)
Les professionnels des travaux publics seront mardi devant l’Assemblée nationale pour exiger des députés qui examineront le projet de loi de finances 2015 « qu’ils ne sacrifient pas l’investissement » et prennent des décisions budgétaires en ce sens. Cette manifestation à l’appel de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) est relayée dans les régions par des lettres ouvertes à chaque parlementaire. « Tous les moteurs qui font avancer l’investissement sont au point mort. Avec la baisse des dotations de l’Etat, il y a une psychose des élus des collectivités locales qui préfèrent attendre », alerte Philippe Pirquin, président de la FRTP de Normandie. Il prévoit une conséquence à court terme pour les entreprises du secteur avec des dépôts de bilan, du chômage technique et des suppressions d’emploi. A moyen terme il craint une détérioration de l’attractivité des territoires qui ne bénéficient plus de nouvelles infrastructures, lorsque celles qui existent vont souffrir d’un défaut de maintenance. Pour Philippe Pirquin, il y a urgence à « enrayer une situation catastrophique ».
Quitte à être en clair désaccord avec l’autre grande fédération patronale, celle des transporteurs routiers, la FRTP déplore l’abandon de l’écotaxe puis du péage poids lourds qui va assécher les ressources de l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport (AFIT), censée collecter les crédits pour les grands chantiers : LNPN, Canal Nord Europe, modernisation de Serqueux – Gisors, la tête Sud du pont Flaubert à Rouen…
Pour relancer la machine, les Travaux publics demandent que la TVA payée par les collectivités leur soit remboursée dans l’année. Ils appellent aussi au vote de la surtaxe de 2 centimes d’€ sur le gas-oil « qui doit être fléchée vers les investissements. C’est la seule solution rapide », estime Philippe Pirquin. Ils attendent que l’Etat arrête de ponctionner la trésorerie des agences de l’Eau (70 à 90 M€ annuels pour Seine-Normandie). « C’est autant d’argent en moins pour les réseaux qui doivent être remplacés ».
La crainte majeure est pour l’année 2015 avec des prévisions d’investissement des collectivités en recul de 20 à 30%. « Certes il faut faire des économies, mais pas sur l’investissement », martèle la FRTP qui reconnaît toutefois « la vraie volonté des élus normands pour faire sauter les verrous. Mais aujourd’hui, tout est grippé ».