(fil-fax 29/10/14)
On dénombre près de 4.000 Accidents Vasculaires Cérébraux (AVC) chaque année en Haute-Normandie, a noté lundi le Dr Evelyne Massardier neurologue au CHU de Rouen à l’occasion de la journée mondiale de prévention de l’AVC du 29 octobre. Une journée d’information grand public autour de ces arrêts brutaux de la circulation sanguine à l’intérieur du cerveau est organisée de 9h à 17h mercredi dans l’anneau central du CHU Charles Nicolle. « L’AVC reste la première cause de handicap acquis en France et la deuxième cause de démence peu après la maladie d’Alzheimer », a rappelé le médecin.
La filière AVC en Haute-Normandie repose sur les cinq pôles hospitaliers du Réseau Neuro-vasculaire Haut-Normand (Rouen, Le Havre, Elbeuf, Evreux et Dieppe). L’unité de recours régional est celle du CHU de Rouen, associée à la neurochirurgie, la neuroradiologie et la chirurgie vasculaire. Elle est dotée de 30 lits dont 6 lits en USI (unité de soins intensifs). L’hôpital du Havre (GHH) dispose de 20 lits dont 4 de soins intensifs. Le CHI Eure Seine à Evreux attend son unité programmée dans le SROS3. Dans l’attente, une convention avec le CHU de Rouen permet la prise en charge des AVC par les urgentistes au moyen d’une télé expertise pour le diagnostic et d’une téléassistance pour les soins. Une situation comparable se rencontre à Dieppe. Les neurologues du CHI Elbeuf interviennent aux heures ouvrables. En dehors de ces horaires, les patients sont pris en charge sur Rouen. L’entrée dans la filière passe invariablement par un médecin régulateur.
Contrairement aux idées reçues « l’AVC n’est pas une fatalité » a rappelé le médecin. Les facteurs de risques sont connus. Certains sont non maîtrisables comme l’âge ou le sexe. D’autres facteurs de risques comme le tabac, l’alcool, ou l’hypertension artérielle peuvent être en revanche évités. Les traitements médicaux de l’AVC existent. D’années en années, ils gagnent en performance. Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont administrés le plus tôt possible. Pour l’exemple, la thrombolyse précoce constitue à l’heure actuelle l’un des traitements les plus prometteurs pour le traitement d’un AVC ischémique. A Rouen, 76 thrombolyses ont été réalisées en 2013, « un chiffre qui a doublé en 3 ans », détaille le médecin. Son administration dans un délai conseillé de 4 heures après la survenue des premiers symptômes (paralysie brutale, trouble de la diction, de la vision, etc) augmente significativement son efficacité.