A Berlin, l’empreinte toujours prégnante du Mur

"Wahnsinn !". "C'est dingue !" Lorsque le mur de Berlin est tombé, au soir du 9 novembre 1989, la population, avant de céder à une joie impétueuse, a d'abord été frappée de stupeur.

Comment LE symbole d'une Europe déchirée par le "Rideau de fer" pouvait-il disparaître en un jour, après avoir tenu vingt-huit ans ? Même le service fédéral de renseignement (BND) ne l'avait pas anticipé. Et pour cause, car rien de tout cela n'était prévu…

L'ouverture de la frontière a été le produit d'une combinaison unique de facteurs : les réformes engagées en URSS par Mikhaïl Gorbatchev, l'impéritie des autorités de RDA et l'opposition des citoyens, amplifiée par un slogan passé à la postérité : "Wir sind das Volk !" ("Nous sommes le peuple !").

Un quart de siècle s'est écoulé depuis cet événement fondateur et le chapitre du communisme est clos. Mais le roman allemand se poursuit, avec son cortège de questionnements sur l'identité nationale. A l'exception des nostalgiques de l'ancien régime, les Allemands de l'Est sont plus heureux aujourd'hui. Mais si le Mur n'est plus, certaines barrières psychologiques perdurent.

Près de la moitié des Berlinois considèrent ainsi qu'Est et Ouest n'ont pas grand-chose en commun. Et la jeune génération ? Elle ne fait pas grand cas de la disparition brutale du Mur. Il ne faut retenir que le côté positif du 9 novembre 1989, ce moment qui a fait passer le monde de l’oppression à la liberté. Cela prouve que rien de ce qui est construit par la main de l'homme n'est irréversible, que le changement est toujours possible.

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