L’OMS décidée à réduire la mortalité due à la pollution de l’air intérieur

Le Monde.fr | | Par Laetitia Van Eeckhout

 
Selon l'OMS, 3 milliards de personnes utilisent pour se chauffer et faire la cuisine des combustibles solides (bois, déjections animales, charbon minéral, débris végétaux, charbon de bois) qu’elles font brûler dans des fourneaux très polluants et à faible rendement énergétique.

Soucieuse de réduire la mortalité due à la pollution domestique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour la première fois défini et édicté, mercredi 12 novembre, des normes chiffrées concernant l’émission maximale de polluants des appareils de cuisson et de chauffage.

Tandis que la pollution de l’air extérieur tue 3,7 millions de personnes par an, la pollution de l’air extérieur est responsable de 4,3 millions de morts prématurées, imputables à des affections respiratoires, des maladies cardio-vasculaires et des cancers, rappelle l’organisation onusienne, qui a décidé de s’attaquer à ce qui représente aujourd’hui le principal risque environnemental de santé. Jusqu’alors, aucune ligne directrice n’avait été publiée pour faire face à ce problème.

Émissions 100 fois supérieures aux normes

Pour les particules fines PM 2,5 (particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns), les plus dangereuses, l’OMS recommande que les appareils de chauffage et de cuisson n’émettent pas plus de 0,8 milligramme par minute (mg/min), et encore dans une enceinte dotée d’une ventilation adaptée. Dans un lieu non ventilé, le seuil d’émission de PM 2,5 ne devrait pas dépasser 0,23 mg/min. Pour le monoxyde de carbone (CO), les appareils ne devraient pas émettre plus 0,59 gramme par minute (g/min), et 0,16 g/min dans un endroit non ventilé. Les émissions actuelles, souligne l’OMS, sont en moyenne 100 fois supérieures à ces normes.

Pour parvenir à ces fins, l’OMS appelle à proscrire l’utilisation du charbon non traité comme combustible domestique et déconseille l’utilisation du kérosène. Il faut, affirme le docteur Carlos Dora, coordinateur de l’OMS pour la santé publique, « développer à grande échelle l’utilisation de combustibles propres tels que le bio-gaz, l’éthanol, le gaz naturel ou le GPL [gaz de pétrole liquéfié] dans les foyers des pays en développement ».

Accès à des combustibles propres

Aujourd’hui encore, relève l’OMS, près de la moitié de la population mondiale, soit 3 milliards de personnes, principalement dans les pays en développement, n’ont pas accès à des combustibles et des technologies propres, et utilisent toujours pour se chauffer et faire la cuisine des combustibles solides (bois, déjections animales, charbon minéral, débris végétaux, charbon de bois) qu’elles font brûler dans des fourneaux très polluants et à faible rendement énergétique. « Tout comme l’usage répandu des réchauds et des lampes à kérosène, ces pratiques provoquent de nombreux décès prématurés et des traumatismes graves par brûlure (y compris à l’eau bouillante) et par intoxication », souligne l’agence.

Les politiques visant à favoriser l’accès des ménages à des appareils de combustion et des combustibles propres doivent veiller à ce que le prix de ces produits soit à la portée des foyers les plus modestes, insiste l’OMS. Et de rappeler que l’air extérieur pouvant s’infiltrer dans le milieu intérieur, il est essentiel de travailler de façon globale à la qualité de l’air, en veillant aussi à atténuer les rejets effectués dans l’air ambiant depuis d’autres sources non domestiques.

 

 

The post L’OMS décidée à réduire la mortalité due à la pollution de l’air intérieur appeared first on Duclair Environnement.

Articles créés 1543

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut