Aide à domicile: un secteur fragilisé

Malgré le déblocage de 1,25 million d’euros voté par le conseil général à l’initiative du groupe communiste, les associations de l’aide à domicile restent menacées. Toutefois, les familles et le personnel intervenant sur la ville semblent pour l’heure épargnés. Lundi 27 octobre,
les associations
d’aide à domicile
du département,
parmi lesquelles l’Association
de l’aide familiale
populaire (AAFP) dont
69 salariés interviennent
sur la commune auprès de
466 familles, manifestaient
à Rouen à l’appel de la CFDT.
Le syndicat dénonçait une
situation qui pourrait entraîner
à court terme la disparition de
certaines d’entre elles et le
licenciement d’un millier de
salariés.
L’organisation pointait notamment
leur « mise en concurrence
inadmissible » résultant
des financements du Département,
ce dernier pratiquant
des tarifs différents pour chacune
des quatre grandes associations
de l’aide à domicile
de Seine-Maritime. Quoi qu’il
en soit, assure Didier Quint,
représentant CFDT, ce financement
du Département demeure
« insuffisant par rapport au coût
réel de la prestation ».
À Saint-Étienne-du-Rouvray,
l’AAFP, par la voix de François
Fondard, son directeur général,
s’est fixé l’objectif à très court
terme d’une réduction de son
taux horaire afin de retrouver
l’équilibre, ce qui, ajoute le
responsable « devrait signifier
la suppression d’une dizaine
d’emplois ». Ces licenciements
ne devraient toutefois pas toucher
les personnels intervenant
sur la commune.
Les graves difficultés qui
frappent les associations
d’aide à domicile sont dues
à la conjonction de plusieurs
causes. La première, pointée
par la CFDT et par le conseiller
général Claude Collin – à
l’origine, avec ses collègues
communistes, du déblocage
de 1,25 million dont une partie
(650 000,00 €) donnera à
l’AAFP, explique François Fondard,
« un an de sursis » – est
liée à la concurrence du secteur
privé lucratif. Ce dernier n’aura
en effet pas été soumis, depuis
son apparition en 2005, aux
mêmes contraintes statutaires
que le secteur associatif.
Créé par la loi Borloo de 2005,
le secteur privé lucratif de
l’aide à domicile n’était soumis,
jusqu’au 1er novembre dernier,
à aucune convention collective.
Cette absence de texte encadrant
le statut de ses salariés
soumettait ainsi les travailleurs
du privé lucratif à des conditions
d’exercice dégradées par
rapport à celles de leurs collègues
de l’associatif. Une inégalité
statutaire impactant sur
les services d’un privé lucratif
que la CFDT qualifie d’« offre
low cost ».
Ce déséquilibre de contraintes
statutaires aurait en outre, aux
dires du syndicat, porté des
agents du conseil général à
demander aux employeurs associatifs
de « baisser les coûts
de production en dénonçant la
convention collective des associations
». Caroline Dutarte,
vice-présidente du conseil
général, assure que le Département
n’a donné « aucune
instruction en ce sens ». L’élue
ajoutant qu’une convention
collective allait évidemment
« dans le bon sens, même si
cela représente un coût pour
les associations ».
Une autre cause, incriminée
par la déléguée centrale CFDT
Christel Bigare, dans les difficultés
frappant les associations
serait le « désengagement de
la Carsat ». La caisse d’assurance
retraite répond, quant à
elle, par la voix de son directeur
Jean-Yves Yvenat, que « l’aide
de la Carsat n’a pas baissé
jusqu’en 2013 » (date d’entrée
en vigueur de la convention
collective des associations,
ceci dit au passage), confirmant
néanmoins que la situation tendue
actuelle résulte de la loi
Borloo de 2005 qui a « ouvert
le marché au privé lucratif »
diluant ainsi les financements.
Le directeur de la Carsat annonce
toutefois une « baisse
de 19 % jusqu’en 2017 » du
financement à l’aide à domicile.
Les jours du secteur associatif
sont-ils comptés ?

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