Le Conseil municipal débattait ce lundi 17 novembre des orientations budgétaires de la ville pour l’année 2015. Nathalie Nail y a dénoncé le budget d’austérité sans précédent proposé par la majorité municipale.
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,Nous venons d’examiner les orientations budgétaires que vous envisagez pour l’année 2015,
Vous y évoquez à juste raison les contraintes auxquelles notre ville est confrontée avec un programme d’économies sur les dépenses publiques « sans précédent » est-il écrit ?
Alors, Monsieur le Maire, vous êtes encore jeune pour être atteint de troubles de la mémoire mais, tout de même, qui appelait les
élus à se joindre à la « réduction des déficits » ? qui affirmait que « les communes ne sauraient se dispenser d’un effort de rigueur alors que l’Etat réduit ses dépenses » ?S’appuyant sur le pacte de stabilité financière entre l’Etat et les collectivités locales en cours de discussion, ce Premier ministre là précisait que, je cite, «cette nouvelle règle du jeu intégrerait naturellement la contribution des collectivités locales à l’indispensable effort de maîtrise de la dépense publique»…
Voyez ce n’est pas nouveau, de Premier ministre en Premier ministre, de pacte en pacte…le Valls d’aujourd’hui n’est pas meilleur que le Juppé d’alors je vous l’accorde (vous connaissez Mr Juppé ?) mais je veux rendre à César ce qui est à César et démontrer ainsi que si aux plans de rigueur succèdent les plans d’austérité cela ne règle pas la question ni les problèmes car au bout du compte, les difficultés de la population ne sont que plus grandes, engendrant désespérance et remise en cause de la démocratie à terme…
Et alors qu’au contraire tout devrait être fait pour aider les populations qui souffrent, l’argent public va de plus en plus au privé et pas au public justement…
D’ailleurs, comme le montre le graphique sur l’évolution de la DGF, la baisse est constante depuis 2008 mais je n’ai pas le souvenir de vos protestations, sans doute silencieuses, de l’époque.
Pour notre part nous avons toujours condamné et nous continuons de condamner cette logique infernale mise en place par la droite, confirmée en 2012 et maintenue depuis.
Nous la condamnons avec force, ici au Havre, comme dans toutes les collectivités où nous participons à la gestion !
Nous estimons, en effet, que la crise n’est pas le résultat de trop de dépenses publiques mais de la soumission de notre économie à des objectifs de rentabilité financière, avec un accaparement scandaleux par le privé d’une part de plus en plus grande des richesses produites dans notre pays.
Nous estimons donc que l’austérité imposée aux familles comme aux collectivités territoriales, est non seulement contre-productive face à la crise, mais qu’elle ouvre la porte à des mises en cause profondes de nos services publics, de la politique sociale, du pouvoir d’achat et des capacités, pour les communes, à répondre aux besoins de leur population.
Au Havre, le contexte, c’est
- un chômage supérieur à 13 %, le plus fort de la Région et supérieur à la moyenne nationale ;
- des menaces sur plusieurs centaines d’emplois ;
- une précarité renforcée ;
- un afflux de demandes d’aides dans les organismes de solidarité,
- une baisse sensible du pouvoir d’achat des ménages…
…sans oublier la poursuite, de la perte de 1000 habitants par an, ce qui a tiré notre ville au-dessous de 180 000 habitants.
Dans ce contexte, vous engagez une politique de maîtrise des dépenses de fonctionnement, alors que c’était peut-être là justement qu’il fallait faire le maximum pour que la population soit le moins impacté possible par les conséquences désastreuses des politiques d’austérité, et vous proposez la baisse des subventions aux associations, ce sont des emplois à la clefs qui sont en jeu
Monsieur le Maire, ce sont aussi des actions d’insertions en péril, à la clef de ces réductions Monsieur le Maire, des actions de soutiens en moins pour les publics en difficultés, des subventions en diminution pour les clubs sportifs qui on le sait dans nos quartiers jouent un grand rôle social…
Vous proposez l’optimisation des services municipaux , en clair ce sont des services en moins en direction des Havraises et des Havrais, avec des fermetures de maisons de quartier, celle du Bois de Bléville est déjà fermée…des activités en direction de la jeunesse supprimées…
Quant au personnel municipal, c’est vrai que ça c’est une constante chez les libéraux, de faire des employés la variable d’ajustement…ainsi pour le personnel, il s’agira de travailler plus…pour…le même salaire, ils ne sont pas d’accord, ils ont raison et ils ont notre soutien que ce soit les personnels des bibliothèques ou des eboueurs, en lutte actuellement mais aussi ceux de nombreux autres services comme dans les écoles on leur demande de toujours faire plus…
Par contre vous n’évoquez pas dans les économies à réaliser les dépenses inconséquentes engagées dans les Forums en tout genre, LH Forum pour ne pas le citer…
Par ailleurs à une fiscalité locale lourde, en particulier la taxe foncière, vous continuer de pratiquer une politique tarifaire pénalisante pour les Havrais : avec l’augmentation des tarifs de bus et tram, le stationnement payant et les tarifs prohibitifs des cantines scolaires et du péri-scoalire.
Ce choix répond à votre souci, constant à droite, de privilégier la fiscalité indirecte et les tarifs, à la fiscalité directe.
Vous faites le choix également de maintenir un autofinancement élevé qui vous permet sans doute d’abonder votre budget d’investissement en recourant moins aux emprunts et en évitant des taux d’intérêt élevés. Vous en faites d’ailleurs un point central de votre politique budgétaire. Mais cet autofinancement est obtenu en faisant des économies sur les dépenses de fonctionnement…
On peut s’interroger sur la pertinence de maintenir ce niveau au vu de la faiblesse des taux d’intérêts actuels et de l’évolution de la dette.
Et alors que les besoins sociaux augmentent, vous arbitrez vers moins de services publics, plus d’impôts indirects. Plutôt que d’être un rempart à la crise, notre ville l’accompagne tout en menaçant sa cohésion, en précarisant le présent et en menaçant l’ avenir : un pouvoir d’achat en régression, un chômage et une pauvreté en hausse, des impôts injustes et indirects qui frappent de plus en plus les bas revenus et les classes moyennes.
Les choix budgétaires sont des choix politiques ; vous aurez compris que nous ne les partageons pas !
Cette publication est issue du site L'opposition municipale au Havre avec Nathalie Nail.
Voir la publication originale : L’austérité : ni au Havre, ni ailleurs !