Les Kurdes d’ici dénoncent une catastrophe humanitaire

Le conseil municipal a voté une aide aux villes kurdes de Turquie accueillant les réfugiés
de Kobané (Syrie) fuyant les djihadistes de l’État islamique (EI). Des Stéphanais témoignent… Pour Aysel Demir et Ali Ali, c’est un "geste symbolique très important pour le moral de la communauté". Aysel est la présidente du Centre de la communauté démocratique kurde de Rouen (CCDKR). Ali a fui la ville syrienne de Kamechliyé en 2001 pour raisons politiques. "On m’a jeté en prison parce que j’étais Kurde", dit-il. L’une et l’autre saluent la subvention de 750€ votée par le conseil municipal stéphanais le 16 octobre. Cette aide est destinée aux communes kurdes de Turquie à proximité de la ville syrienne de Kobané assiégée par les djihadistes de l’État islamique (EI) depuis le 16 septembre, "elles sont seules, l’État turc ne fait rien pour les aider". Deux d’entre elles sont chères à la présidente du CCDKR, Sirnak étant sa ville natale et Batman, celle où réside sa famille.
Côté turc, les caméras du monde entier sont braquées sur Kobané où les combattants kurdes résistent à l’encerclement des djihadistes. "C’est un génocide, une catastrophe humanitaire, la communauté internationale doit donner aux habitants de Kobané les moyens de se défendre", plaident les deux représentants des quelque 400 familles kurdes de l’agglomération, dont beaucoup résident sur la commune. Les combattants kurdes sont en effet seuls et faiblement armés face à l’EI qui dispose quant à lui d’armements puissants et sophistiqués. Ali a deux frères et deux sœurs possiblement engagés dans les combats, indique-t-il, "je n’ai aucune nouvelle d’eux depuis le début de la guerre".
Les forces kurdes comptent dans leurs rangs un très grand nombre de femmes, et restent le dernier rempart contre l’EI dans cette région. Elles ont récemment sauvé des dizaines de milliers de Yézidis des massacres perpétrés par l’EI. "Ils décapitent les gens et jouent au foot avec leur tête", explique Aysel Demir.
L’issue des combats de Kobané sera déterminante pour l’avenir des Kurdes turcs. Une guerre civile qui ne dit pas son nom a fait plus de 35 000 morts kurdes (selon le journal Le Monde) en Turquie pendant dix ans. Un fragile cessez-le-feu est maintenant à l’œuvre, "mais si Kobané tombe, redoute Aysel, ce sera un bain de sang en Turquie".
Le 6 octobre, une manifestation de soutien à Kobané a fait au moins dix morts à Diyarbakir, la capitale du Kurdistan turc. Mais ce risque ne semble convaincre ni la Turquie, ni la communauté internationale, d’amplifier leur aide aux habitants de Kobané. Selon Aysel et Ali, "la Turquie attend que Kobané tombe pour mieux contrôler les Kurdes de Syrie et d’Irak…"

Articles créés 529

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut