Une Métamorphose technologique pour l’ouverture du dernier Automne

(fil-fax 18/11/14)

Après avoir exploré en 2010 et 2011 les créations des Points cardinaux nord et est de l’Europe, puis en 2013 les relations Masculin/Féminin dans une société française parfois électrisée sur le Mariage pour tous, Automne en Normandie se penche sur les liens entre la révolution numérique et technologique et le spectacle vivant. Un thème abordé en 42 spectacles au moment même où l’Agence spatiale européenne vient de réunir un exploit technologique majeur avec la sonde Rosetta.

Le spectacle majeur de cette semaine offrait une première française avec La métamorphose du japonais Oriza Hirata.

Les spectateurs ont aussi eu la surprise de découvrir dans leur programme un tract des salariés du festival illustré d’une phrase de Victor Hugo « on pousse à de bien maigres économies pour de bien grands dégâts ». En cause, expliquent-ils, la décision du « conseil général de Seine-Maritime, de la Région Haute-Normandie et du conseil général de l’Eure de mettre fin à Automne en Normandie au profit d’une nouvelle manifestation, en baissant leurs contributions de 30% ». C’en sera fini, expriment les signataires, du « seul rendez-vous en France qui réunit les acteurs culturels de toute une région autour d’un programme audacieux ».

Sur scène, Hirata a proposé une adaptation libre de La métamorphose de Kafka, très XXIe siècle mais respectant l’esprit du texte de l’auteur, dans laquelle Gregor Samsa, le personnage métamorphosé, est interprété par un robot.

De Ovide dans l’Antiquité à La belle et la bête immortalisée par le film de Cocteau en passant par Cendrillon de Charles Perrault, le thème de la métamorphose a toujours inspiré ; si chez Kafka, la transformation du personnage principal résulte d’un vécu familial violent qui conduit l’auteur à imaginer un insecte repoussant, naturellement solitaire et incompris de sa famille, il n’en est rien ici. Le robot n’est pas rejeté et l’adaptation de la pièce est beaucoup moins sombre ; le robot a des qualités que l’homme n’a pas : il ne peut tricher, mentir. Il s’exprime par des mouvements de tête que l’on peut considérer inspirés par le théâtre traditionnel japonais le nô ; on verra dans le spectacle Robot ! de la chorégraphe Blanca Li à Dieppe des robots beaucoup plus expressifs et mobiles.

Les comédiens, dont Irène Jacob, sont allés vivre un mois au Japon pour s’imprégner de l’esprit que voulait insuffler le metteur en scène japonais, et si jouer avec un robot peut déstabiliser des comédiens, c’est une version apaisée qui nous fut proposée au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly.

• Réservations : Téléphone : 02 32 10 87 07. En ligne : http://automne-en-normandie.com/fr rubrique billetterie

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut