Dans plusieurs entreprises stéphanaises, la pause-café a été remplacée par la pause-sport. Plus qu’une tendance, ce sont à chaque fois des initiatives portées par des hommes et des femmes qui veulent partager leur passion. Il était une fois, la fermeture du pont Mathilde en 2012… Et l’histoire peut commencer pour Anne-Cécile Costa Matos, adjointe au responsable de l’agence stéphanaise Würth, spécialisée dans l’outillage et le matériel pour les professionnels. "Du jour au lendemain, les temps de trajet ont explosé. Certains collègues n’avaient plus le temps de rentrer chez eux pour déjeuner. J’ai alors proposé de profiter de la pause du midi pour faire du sport."
Sportive dans l’âme, Anne-Cécile Costa Matos collectionne depuis l’âge de 6 ans les licences comme d’autres collectionnent les timbres ou les tickets de cinéma. Athlétisme, karaté, basket-ball, volley-ball, handball, tennis, équitation, tout y passe. "Dans le cadre professionnel, depuis dix ans, pour moi la soupape c’est la course à pied et la natation."
Forte de cette expérience, Anne-Cécile Costa Matos ne manque pas de faire naître des vocations parmi ses collègues. "Au début, il s’agissait seulement d’aller marcher quarante-cinq minutes à bonne allure dans la forêt du Madrillet. Mais nous étions limités par le fait que nous ne disposions pas de douches à l’agence." Un nouveau cap est franchi quand la petite équipe décide de se déplacer dans les structures municipales situées à proximité sur les communes de Saint-Étienne-du-Rouvray et Sotteville-lès-Rouen. Résultat, un emploi du temps "olympique" avec une activité pour chaque jour de la semaine. Lundi, c’est la salle de sport de la piscine Marcel-Porzou; mardi, natation pour trente longueurs; mercredi, la course à pied sur un parcours de 5 kilomètres; jeudi, la marche en forêt et, le vendredi, retour à la piscine pour soixante longueurs. Pour Anne-Cécile Costa Matos et ses collègues, Laurine Lassalle, Ingrid Lefèvre, Sandra Ponthieu, Sylvie Parent ou encore Romain Loisel, le responsable du magasin, le virus est pris. "Certains ont perdu du poids, d’autres ont arrêté de fumer. Pour tous, même si la journée commence mal, la pause-sport permet de repartir de zéro à
13h30." Et point de vue management? "Une fois en tenue de sport, les liens sont totalement différents. Un seul mot d’ordre: interdiction de parler boulot."
Même son de cloche à la Vente Olivier au sein de l’imprimerie Iropa où Francis-Luc Merelo, un des commerciaux de l’entreprise, a réuni d’autres collègues hommes et femmes pour des moments de détente. "Depuis neuf mois, le midi, c’est pétanque. Un sport à part entière qui associe le geste technique et des règles précises. On préfère ça plutôt que de manger au restaurant." En fin de journée, il y a aussi l’option course à pied, à partir de 18h30 pour des parcours de dix à seize kilomètres. "Durant les beaux jours, la forêt est à deux pas, c’est idéal. En hiver, nous avons un parcours en ville." Dans le même temps, Antoine Baucé, assistant de direction, amateur d’effort intense, a constitué une équipe masculine en VTT pour des sorties en forêt le week-end. "Nous ne nous fixons pas d’objectifs de compétition a priori. C’est avant tout du plaisir."
En somme, pour la bonne santé des employés et de l’entreprise, le sport serait la panacée. Une idée qui tarde parfois à retenir l’attention des patrons, aussi bienveillants soient-ils, tandis que les salariés ne rechignent pas à s’impliquer pour leur bien-être et celui de leurs collègues.