(fil-fax 25/11/14)
Les magistrats de la Chambre régionale des comptes (Haute-Normandie, Basse-Normandie) ont vraiment du mal à admettre – et même comprendre – pourquoi la Communauté de commune Caux-Austreberthe, n’a pas rejoint la CREA (Communauté d’agglomération Rouen, Elbeuf, Austreberthe) lors de sa constitution de cette dernière en 2010. Ils l’ont écrit dans le rapport qu’ils ont rendu public en octobre dernier (fil-fax 17/10/14) sur la gestion de la ville de Barentin. Ils le répètent dans celui qu’ils viennent de publier sur la gestion de la communauté Caux-Austreberthe qui réunit 7 communes pour 23.000 habitants autour de Barentin et Pavllly. La communauté est présidée par le maire PRG de Barentin, Michel Bentot.
D’emblée, la synthèse du rapport donne le ton : « La communauté de communes de Caux-Austreberthe, située en bordure immédiate de la communauté d’agglomération rouennaise, s’est construite (2002) avec la volonté de conserver une identité propre ». Quelques lignes plus loin, le rapport relève « l’absence de réflexion communautaire sur un réseau de transport collectif de desserte des équipements publics alors que le territoire est situé en marge des réseaux de l’agglomération rouennaise ».
Sans vraiment s’inquiéter sur la solidité financière de la communauté de Caux-Austreberthe, la chambre régionale des comptes pointe « la faible intégration des compétences communautaires » qui a pour conséquence une pondération défavorable de la dotation globale de fonctionnement. Est particulièrement visée, les zones commerciales et la zone d’activités qui sont sur le territoire de la commune de Barentin sans être intégrées dans le champ de compétence de la ComCom.
La chambre s’étonne encore que la compétence déchets n’ait pas été accompagnée d’une mutualisation du ramassage qui ne bénéficie pas d’une taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Les magistrats sont en revanche très critiques sur la construction d’un nouveau centre aquatique communautaire, l’Atraumont, ouvert en juin 2014, le seul investissement d’envergure de la communauté. Le financement du projet a entraîné « le doublement de la fiscalité des ménages entre 2010 et 2012 » en mobilisant l’ensemble des capacités de financement. Mais surtout, il apparaît dans le rapport qu’il manque une étude économique « sur la viabilité du projet », « le caractère déséquilibré du montage financier du projet ».
S’agissant de la gestion interne de l’établissement, la chambre relève le sous-dimensionnement actuel de l’encadrement, remarque déjà contenue dans le rapport précédent sur la ville de Barentin. « Si la communauté veut maintenir la qualité du service rendu, elle ne pourra pas faire l’économie d’un redéploiement de compétences en appui à cette fonction support », remarque la chambre qui constate cependant une bonne gestion du personnel et un suivi budgétaire et comptable perfectible mais de qualité.