La ferme Seine-Maritime pourrait subir une baisse de revenu de 40% en 2014

(fil-fax 25/11/14)

Le résultat de la “ferme Seine-Maritime“ sera en 2014 le plus mauvais depuis 2007, en dessous de ce qu’il a été en 2009 avec une baisse de l’ordre de 40% par rapport à 2013, a indiqué lundi Sébastien Windsor, lors d’une conférence de presse organisée en marge de la session de la Chambre d’agriculture qu’il préside.

Que ce soit pour les céréales, le colza, la pomme de terre, le lait ou la viande, le bilan de la campagne est mauvais. « On se demande si les moissons sont bonnes ? Ce n’est pas la question. Mais plutôt : est-ce que les cours sont porteurs ? » L’effet variation des prix joue pour une part trop importante par rapport au volume et à la qualité de la récolte. Or l’année a été marquée par des récoltes abondantes à l’échelle française, européenne et même mondiale alors que dans nos régions la météo s’est avérée « capricieuse ». Conséquences, explique-t-on à la chambre d’agriculture : les rendements sont très hétérogènes. Certains lots de blés seront déclassés en blés fourragers ou devront supporter des réfactions significatives. Même inquiétude pour le lin. Les productions animales sont aussi « à la peine » avec des cours de la viande en baisse sur l’année 2014 et un recul du prix du lait sur la fin de l’année, provoquée par la fermeture du marché russe aux producteurs de l’Europe de l’Est (Pologne) qui se sont retournés vers les marchés de l’Europe occidentale, même pour des volumes relativement faibles à l’échelle européenne. Car une baisse des livraisons de 2 à 3% a un effet sur le prix de l’ordre de 15%.

« Les indicateurs de revenu agricole sont actuellement dans le rouge » avec des niveaux de prix proches de ceux de 2009 « qui avaient laissé des traces dans les résultats d’exploitation » alerte le président de la chambre d’agriculture. « Ça ne fera pas le compte pour certaines exploitations qui ont déjà des trésoreries très tendues alors que nous ne sommes qu’en début de campagne » poursuit Arnold Puech d’Alissac (FDSEA 76) vice-président de la Chambre d’agriculture de Normandie. Malgré cela, il incite les agriculteurs « à rester actifs », à ne pas céder « comme la vente du cheptel pour payer les charges ».

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