Fruits, légumes et fromages frais commencent à faire recette dans la Métropole

(fil-fax 03/12/14)

La Métropole Rouen Normandie compte un tiers de son territoire utilisé en surfaces agricoles, avec 450 exploitations en grande majorité de polyculture élevage. Une agriculture à la fois sous pression de la poussée urbaine, source potentielle de pollution notamment de la ressource en eau, et à la recherche de débouchés. Une caractéristique qui a conduit l’intercommunalité, officiellement CREA jusqu’au 31 décembre, à ouvrir chaque année deux vagues d’appels à projets agricoles autour de la protection des aires d’alimentation de captage d’une part et de la promotion des circuits courts et du développement d’un réseau de producteurs locaux à destination des quelque 500.000 habitants du territoire. De 150.000 € en 2014, le budget sera porté à 180.000 € en 2015 dont 30.000 € seront réservés spécifiquement aux projets préservant la ressource en eau sur les bassins d’alimentation de captage.

En 2014, 10 projets ont été retenus pour un montant de 143.119 €. Ils ont été en majorité présentés par des arboriculteurs et maraîchers, qui doivent moderniser leur installation de conservation des fruits pour répondre à la demande de circuits courts : une chambre froide pour Pascal Crevel qui a 6 ha de vergers et fruits rouges au Mesnil-sous-Jumièges ; même équipement pour Sandra Vergught qui exploite 10 ha à Bardouville. Proche de centres urbains, ils font le pari d’une commercialisation directe, comme Nathalie et Denis Lerooy qui exploitent Le Verger de Belaître à Quevillon, sont des habitués du marché du Clos Saint-Marc à Rouen et approvisionnent directement des cantines et des restaurateurs de la Métropole. Une démarche qui est très exigeante. « Notre outil n’est pas adapté à la commercialisation », reconnaît Denis Lerooy qui a bénéficié « d’un coup de pouce » de 37.500 € pour l’acquisition de matériel en agriculture biologique. Producteur de pommes il rêve en calculant qu’à raison d’une consommation moyenne de 18 kg par ménage et par an, la Métropole représente à elle seule un marché de 4.800 tonnes par an.

Installée en polyculture et élevage à Anneville-Ambourville, Céline Quesne a bénéficié d’une aide pour son atelier de transformation laitière. Son EARL de la Martellerie (64 ha) est maintenant pour moitié tournée vers la fabrication et la vente directe (à la ferme, sur les marchés, en AMAP ou aux collectivités) de produits laitiers, fromages desserts, crèmes… 130.000 litres de lait sur les 300.000 litres détenus par l’EARL sont transformés sur place, le reste est livré à un industriel. Elle élève également des volailles qui sont livrées prêtes à cuire. L’équilibre de l’exploitation reprise à ses parents « qui ne livraient qu’à la laiterie », repose maintenant sur la commercialisation à proximité. « On s’en sort grâce à la vente directe », confie Céline Quesne. Sa recette maison, c’est son troupeau de 100 têtes, des Jerseyaises venues des îles anglo-normandes. « Elles donnent un lait plus digeste avec plus de protéines. Et le yaourt prend tout seul », glisse avec Céline Quesne en assurant qu’elle fait ses produits « toujours avec le lait frais de la traite, à 18h. Pas besoin de le réchauffer… ».

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