Le dépollueur Valgo associé à Bolloré Energie promet de créer des centaines d’emplois

(fil-fax 30/04/14)

Le juge commissaire du tribunal de commerce de Rouen en charge de la réalisation de la friche Petroplus de Petit-Couronne a retenu l’offre de Bolloré Energie associé au spécialiste de la dépollution Valgo. Elle a été préférée à celle présentée par Rubis Terminal allié à Brownfields. Le site qui s’étend sur 240 hectares serait repris dans sa totalité pour 4,0 M€ par Valgo qui en rétrocéderait la partie stockage et manutention de produits pétroliers à Bolloré. Valgo engagerait un programme de 43,2 M€ pour le désamiantage, la déconstruction et la dépollution de la partie restante du site. « C’est une estimation qui pourrait varier en fonction de ce qu’on découvrira et de l’usage qui sera fait ensuite des sols», dit Bernard Garcia, président de la holding qui possède Valgo.

Ce dépollueur qui emploie 200 salariés pour un chiffre d’affaires de 20,0 M€ assure avoir déjà reçu des engagements de la part d’acteurs qui souhaiteraient implanter des activités sur le site. Le plus important viendrait d’Eiffage qui serait prêt à construire pour 70 millions une plate-forme multimodale pour le compte de Bolloré Transports. Mais Valgo évoque aussi une plate-forme de déconstruction et de désamiantage notamment pour du matériel SNCF, un bio-centre en liaison avec des laboratoires de recherche ou encore une pépinière d’entreprises dédiée aux métiers de l’environnement. A cette énumération il faudrait ajouter les investissements directs, évalués à 75 millions, promis par Bolloré dans son propre projet qui comprend des stockages stratégiques pour le compte de l’Etat mais aussi commerciaux.

Selon le scénario « de base » imaginé par Valgo, cette reprise permettrait de créer 410 emplois pérennes, un chiffre à rapprocher des 550 salariés qui travaillaient à la raffinerie avant sa déconfiture. Selon un scénario « raisonnable », ce chiffre pourrait atteindre les 620. «Et si tous les aspects se réalisent on sera à 800 », assure Bernard Garcia qui ne prend pas en compte, dans ces comptages, les emplois liés à la déconstruction. Le préfet de Haute-Normandie Pierre-Henry Maccioni se montre nettement moins optimiste et évalue les emplois qui seront créés à 150 « à court terme pour mener les opérations de remise en état du site » et à 300 « à terme (…) générés par les porteurs de projet ». Il qualifie toutefois l’offre retenue de « vrai projet industriel créateur d’emplois » auquel il convient d’apporter « tous les concours nécessaires ».

« Un coup de couteau dans le dos » 

Les syndicalistes de l’ex-raffinerie font une analyse très sévère du choix effectué par le tribunal de commerce. « C’est un coup de couteau dans le dos », accuse Yvon Scornet (CGT). Il dit ne pas croire au nombre d’emplois annoncé et craint que les produits pétroliers importés par Bolloré ne déstabilise les autres raffineries de la région. Il assure disposer d’une offre de reprise de la raffinerie dans sa vocation initiale portée par un candidat suisse appuyé sur l’Etat nigerian. « Elle apporterait de surcroit 300 millions de dollars par an à la balance commerciale mais cela ne semble pas intéresser la France », assure-t-il. Lui et ses amis ont à nouveau manifesté, ce mardi, dans les rues de Rouen, pour défendre cette hypothèse.

Une « perspective » pour 312 ex-salariés sur 449

Selon les chiffres du préfet, 312 ex-salariés de Petroplus sur 449 au moment de la liquidation ont dorénavant « une perspective » d’avenir. 160 ont retrouvé un emploi dont 101 avec un CDI, 77 peuvent prétendre à une retraite ou une pré-retraite, 58 sont en formation et 17 ont un projet de création d’entreprise. Parmi les 137 autres, 83 sont suivis par un cabinet de reclassement et 18 sont employés par la cellule liquidative en attendant la cession du site.

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