(fil-fax 02/02/13)
Dans un entretien au Nouvel Observateur le toxicologue André Picot s’interroge sur l’affaire des émanations de fumées de l’usine de lubrifiants Lubrizol, survenue à Rouen le mardi 22 janvier. « La réaction chimique qui a provoqué les émanations de fumées est impossible sans un solvant, dont les autorités ne font jamais mention. La vérité est-elle trop inquiétante ? », interroge le scientifique. De fait, aucun communiqué officiel n’a mentionné la présence de ce solvant. « Je ne comprends pas ce silence de la direction de l’usine relayée par le préfet et les administrations compétentes. Quand bien même il s’agirait de préserver un secret industriel », poursuit André Picot. Sauf à penser que les émanations qui se sont échappées des cheminées n’étaient pas composées uniquement de gaz nauséabond et sans toxicité. « S’il s’agit d’hydrogène sulfuré (H2S) et non de Méthanethiol (CH3-SH), il convient de rappeler que c’est un gaz soufré hautement toxique, le même qui a provoqué la mort d’un cheval et de sangliers en Bretagne par simple inhalation au milieu des algues vertes fermentées », se risque le scientifique. Par chance, semble dire André Picot, les vents ont bien dilué, rapidement, les fumées à la sortie des cheminées Lubrizol. Mais cela « ne nous renseigne ni sur la nature exacte du produit, ni sur sa toxicité réelle, ni sur les risques encourus », conclut-il.