Il y a peu, nous avions jugé bon de relayer ici, un appel de l’Association Kalaweit à aider à sauvegarder des hectares de forêt primaire à Sumatra, afin de préserver la biodiversité, dans un pays où les plantations de palmiers à huile sont légion, par une demande accrue des grandes sociétés agro-alimentaires mondiales qui trouvent là un approvisionnement à bon compte, peu propice à la santé, mais surtout loin des yeux des consommateurs que nous sommes.
Celui-ci aurait pu passer inaperçu, s’il n’y avait eu en parallèle, mise en avant, l’association de Rouen et de son Palais des Sports, avec l’une de ces entreprises, pointée du doigt par un organisme internationalement reconnu comme le WWF, comme pouvant mieux faire en terme d’approvisionnement dans l’élaboration de ses produits.
Étonnant de voir comme ceux qui sont aujourd’hui aux commandes s’accomodent et recherchent les oboles de grandes entreprises pour financer leur politique locale, quand ailleurs, nationalement, il ne cessent de vilipender une France vendue à ces mêmes entreprises. Étrange reprise d’un système d’indulgences mis en place par l’église catholique au Moyen-Âge et qui nous aura donné la Tour de Beurre, et qui aujourd’hui nous permet d’obtenir une oeuvre d’Art dédiée à Aimé Cesaire, un futur Centre de Congrés, une Arène sportive…, un repas pour les défavorisés ou des douceurs dans le colis de fin d’année de nos anciens….
Que n’aurait-on pas entendu, si l’équipe municipale précédente, en avait osé le dizième ? Ville bradée, renoncement du politique et faillite d’un service public vendu « aux puissances de l’argent ». Un discours rodé, huilé, comme ceux que l’on entend aujourd’hui à l’approche de campagnes présidentielle et législative, mais étonnament passé sous silence une fois quitté l’Assemblée pour retrouver les lambris feutrés de l’Hôtel de Ville.
Si pour notre part, nous sommes conscients que dans un contexte financier difficile, la puissance publique ne peut pas tout, nous ne souhaitons pas la voir muselée par un recours systématique de bouclage de fin de mois de projets municipaux non financés par de l’argent public par appel au privé.
Participer financièrement à des manifestations, des expositions, pratiquer le mécénat et montrer là un engagement citoyen dans la vie de la Cité est une chose, mais perdre sa liberté de parole pour service rendu et peur de voir se fermer le robinet du sponsoring n’est pas acceptable.
C’est ce que nous avons voulu dire en nous engageant sur la sauvegarde d’un hectare de forêt à Sumatra ; une action symbolique, qui peut paraître éloignée des attentes des Rouennais, notamment des plus défavorisés, et que le Maire de Rouen, droit dans ses bottes, aura qualifié de « coup politicien », quand il s’agit pour nous de parler conviction et action publique.
Une action symbolique qui aura eu le soutien financier de 42 Rouennais, et au delà de messages de soutien et de sympathie de nombreux autres qui ne se reconnaissent pas dans cette orientation prise par le Maire de Rouen et son équipe et qui ont tenu à nous le faire savoir.