Ce mardi 16 septembre 2014, les député(e)s étaient appelé(e)s à se prononcer sur le vote de confiance au Gouvernement Valls II.
J’ai voté la confiance parce que je suis une socialiste certes exigeante, mais loyale. Dans le contexte particulièrement difficile, tant au plan national qu’international, de cette rentrée, je pense qu’il n’aurait pas été responsable de rajouter de la crise à la crise, de la défiance à la défiance et de la confusion à la confusion. Il en va, pour moi, de la crédibilité de l’action publique, déjà si malmenée.
Pour autant, il ne s’agit pas de signer un chèque en blanc au Gouvernement. Ce dernier doit écouter plus encore sa majorité parlementaire, qui entend aussi les inquiétudes de nos concitoyens. Des inflexions sont nécessaires sur un certain nombre de sujets (imposition des revenus des plus modestes, revalorisation des petites retraites, prise en compte de la pénibilité au travail, contrôle des aides apportées aux entreprises…). Le premier ministre doit comprendre qu’il est au moins aussi important pour la Gauche de regagner la confiance des classes moyennes et populaires que de ne pas perdre celle de sa majorité parlementaire.
J’attends aussi du nouveau Gouvernement qu’il se montre plus ferme à l’égard des provocations et des surenchères libérales de plus en plus indécentes et insupportables du MEDEF. On peut aimer les entreprises, le leur dire, les aider à retrouver des marges de manœuvre pour soutenir l’activité économique et l’emploi. Mais il ne faut pas oublier que les entreprises, ce ne sont pas seulement des patrons et des actionnaires ; ce sont aussi (et surtout) des salariés et des ouvriers qui créent de la richesse à travers leur travail.
Manuel Valls a voulu dans son discours de politique générale répondre aux doutes et aux inquiétudes des députés de la majorité en faisant des annonces concrètes : prime pour les personnes percevant une retraite inférieure à 1200 euros, revalorisation du minimum vieillesse, baisse d’impôt pour 6 millions de ménages en 2015…. Il a aussi apporté des précisions qui s’imposaient : aucune remise en cause du SMIC et des 35 heures, adaptation du rythme de résorption des déficits à la situation économique… Il a également indiqué, avec force, qu’il est inacceptable que le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) serve à augmenter encore les dividendes et les hautes rémunérations. Il a aussi dit sa conviction de l’importance du rôle de l’Etat dans une économie de marché. Je salue ces propos dont j’attends une concrétisation rapide. Le Premier ministre sait que la confiance accordée ne sera pas aveugle, mais au contraire empreinte de vigilance et d’exigence.