(fil-fax 13/09/14)
L’aire d’accueil des gens du voyage de Gonfreville-l’Orcher n’a pas réouvert, comme prévu après six semaines de travaux, ce mardi 9 septembre. Le maire communiste Jean-Paul Lecoq exige auparavant l’évacuation des caravanes qui se sont installées de façon illégale, ici et là, sur le territoire de sa commune, occupées par des « familles semi-sédentaires, qui ne sont pas des gens du voyage », précise-t-il. « Vols de fluides, hygiène, salubrité, dégradations des biens publics » : les « menaces à l’ordre public » liées à ce stationnement interdit ont conduit le maire à prendre un arrêté municipal de fermeture « exceptionnelle », le 8 septembre, de l’aire d’accueil aménagée qui accueille, depuis 2007, une quinzaine de caravanes.
Le problème ne date pas d’hier. En janvier dernier, Jean-Paul Lecoq, vice-président de la Communauté de l’agglomération havraise (Codah) et le maire communiste d’Harfleur, François Guégan avaient alerté le sous-préfet et le président de la Codah sur « la situation préoccupante des installations illégales ». Les élus avaient demandé « une mise à plat de cette question » et à « amorcer une réflexion d’agglomération sur ce sujet ». L’aire d’accueil de Gonfreville l’Orcher, aménagée et payante (3,20 € par jour par emplacement) peut accueillir une quinzaine de caravanes, soit cinq familles. « Les gens du voyage tournent, ne restant sur place en général que quelques jours, voire quelques semaines ». Mais, depuis quelques années, la municipalité constate l’arrivée et l’installation de familles qui se sédentarisent. « Ils restent trois, voire six mois, occupent l’aire d’accueil initialement destinée aux gens du voyage et scolarisent leurs enfants et, par ailleurs, s’installent illégalement dans toute la commune, sur des espaces privés et publics ». 36 caravanes ont été ainsi comptées en 2014, selon les deux élus, sur un parking fermé sur la ZAC des Courtines, 150 installations sur une parcelle à la limite de Harfleur, 20 caravanes sur le secteur du Chemin vert, 10 sur le parking d’une ancienne piscine à Mayville, tout près des habitations…
« Cette situation devenue récurrente, particulièrement cette année, exaspère les habitants et les élus gonfrevillais », a expliqué Jean-Paul Lecoq. Or, assure-t-il, « cette population semi-sédentaire refuse les propositions que nous leur faisons de s’installer dans un habitat social ». Et d’insister : « C’est un problème collectif qui ne peut être résolu par une seule commune ! Il faut apporter des réponses humaines à des problèmes humains. Pourquoi pas, par exemple, des terrains ou des jardins familiaux ? » Une réunion sur le sujet est annoncée le 9 octobre à la sous-préfecture du Havre. D’ici là, les gens du voyage sont invités à s’installer dans les autres aires d’accueil de l’agglomération : au Havre, à Harfleur, Bolbec, Fécamp ou encore, ouverte en mars dernier à Montivilliers, sur l’une des parcelles de la zone d’activité d’Epaville, dotée de six emplacements aménagés pouvant accueillir douze caravanes. Il n’y a que deux emplacements occupés à ce jour.