Comme une dynamique d’entrelacs.
Les sculptures-performances d‘Anaïs Lelièvre sont constituées de vêtements usagés cousus avec du fil élastique et animées par des corps situés à l’intérieur. Vendredi soir, lors du vernissage à la chapelle Saint-Julien, ces amas de textile baptisés « MÂ » ont été incarnés par des danseuses encadrées par Anaïs Beaudoin, de l’Ecole municipale de musique, de théâtre et de danse. De son installation, l’artiste proclame que « MÂ semble émerger de ce lieu telle une réminiscence souterraine, l’éjection d’une mer de plis qui sous-tendait ses ondulations, la chute magmatique du manteau protecteur que redessinait son arc englobant. MÂ est maison et matrice, expansion et immersion, tentaculaire et plissée, inerte et animée, bestiale et vestimentaire, présence et absence de chair, limace rampante et jaillissement de lave, horizontalité de la terre et afflux d’iceberg, germination en attente. MÂ est le magma de l’indicible, la contradiction de l’origine, l’indétermination d’une vie latente, la larve de l’existence, le crachat du fond des temps, les branchies du premier battement, l’éclosion écervelée qui s’extirpe à nos pieds… ». Le mieux est peut-être d’aller voir sur place. « MÂ – Chapelle Saint-Julien jusqu’au 12 octobre 2014 – Entrée libre.