(fil-fax 17/10/14)
La commune de Barentin « qui a fait du développement économique un élément fort de son action depuis quarante ans, doit désormais se mettre en capacité d’améliorer son efficience et son organisation interne », indique la Chambre régionale des comptes (CRC) dans le rapport d’observation qu’elle vient de rendre public.
Cette recommandation résume l’analyse des magistrats sur cette commune de 12.100 habitants dont Michel Bentot (PRG) est le maire depuis 1989. Elle est réputée non seulement pour son viaduc ferroviaire mais aussi, et surtout, pour son centre commercial qui fut un des premiers de France. Barentin en tire un niveau de recettes élevé et dispose ainsi « d’une situation financière favorable ». Son rythme de croissance est supérieur aux moyennes régionale et nationale tant en population qu’en dynamisme économique, en création d’établissements et en taux d’activité, note la CRC. Mais le taux de chômage y est aussi supérieur à la moyenne régionale, ainsi que celui de familles monoparentales (16,2% contre 13,2%), avec 49,5 % de foyers non imposables contre 46,3 % au niveau régional pour des revenus moyens déclarés également inférieurs. « Ces éléments conduisent la commune à mener une politique importante d’abattement fiscal » relève le rapport.
Ce qui ne l’empêche pas de s’équiper en grande partie par l’autofinacement. Conséquence le ratio de l’encours de la dette est à peine supérieur à une année. « Cette politique prudente offre une situation confortable par rapport à nombre de communes », souligne la CRC alors que Barentin a des projets urbains lourds dans ses cartons comme la reconversion de la friche Badin.
Mais la ville que dirigea André Marie de 1945 à 1974, lui-même à l’initiative de la création du centre commercial, doit aussi mieux s’organiser. Le rapport signale une « grande centralisation du processus décisionnel » et appelle à une amélioration de la gouvernance.
On note aussi que la CRC s’interroge sur la place de la Communauté de communes de Caux-Austreberthe (23 762 Habitants) dont Barentin est la ville centre, à proximité de la puissante CREA, bientôt Métropole. Avec 7 communes, « elle est la plus petite communauté de communes de Seine-Maritime par le nombre de ses membres ». « Or, insiste le rapport, le territoire (…) est situé à moins de 20 km de Rouen et jouxte au nord-est celui de la CREA, qui regroupe 71 communes et 487.000 habitants ».
On se souviendra qu’en 2009, la communauté Caux-Austreberthe avait décliné la proposition d’association au sein de la nouvelle CREA avec les communautés voisines de Seine-Austreberthe (Duclair) et du Trait-Yainville et les agglomérations d’Elbeuf et de Rouen.