(fil-fax 12/12/14)
Une deuxième chance ? La compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair va lancer en avril une liaison saisonnière bi-hebdomadaire, entre Deauville-Saint-Gatien et Londres – Stansted. Objectif : 18.000 passagers l’an. « A une heure de Deauville nous avons une zone de chalandise de 1,8 million d’habitants et à 45 minutes de un million », assure Audrey Legaigneur, responsable adjointe vente et marketing de la compagnie. Dans l’autre sens, côté britannique, Ryanair mise sur une clientèle intéressée par les plages du Débarquement, l’Impressionnisme et le hippisme.
Depuis Stansted, les passagers venus de Normandie pourront gagner le centre de Londres en 47 minutes ou repartir vers l’une des 200 destinations desservies par ce hub. L’aller simple est mis en vente au prix canon de 19,99 euros jusqu’au 18 décembre pour un premier vol annoncé pour le 3 avril prochain. Après, le prix moyen du billet s’établira à 46 euros.
Cette annonce intervient huit ans après une première tentative avortée. La compagnie avait jeté l’éponge quelques mois après avoir fait part de ses ambitions, faute de réservations suffisantes (700 seulement pour les six premier mois). Elle prévoyait alors un trafic annuel de 40.000 passagers à raison de trois rotations par semaine pour un prix de lancement de 33,99 euros. Une autre compagnie s’était essayée à proposer des vols sur ce sillon : Cityjet, une filiale d’Air France, qui avait du elle-aussi renoncer – en octobre dernier – arrêté sa desserte en octobre après une présence intermittente de quatre ans.
Pour les élus des deux régions normandes qui ont fait depuis 2006 de Deauville la plate-forme de référence pour leur territoire, la venue de Ryanair conforte leur politique. « L’aéroport de Deauville, c’est un choix normand (…) depuis dix ans, de faire un aéroport interrégional, qui va devenir régional, au coeur de la Normandie », rappelle Nicolas Mayer Rossignol président PS de la Haute-Normandie qui ne s’est pas étendu sur le coût de l’arrivée de Ryanair pour les collectivités. Pour améliorer le service, les régions pourraient mettre en œuvre des liaisons par autocar pour desservir cet aéroport depuis les grandes villes (Rouen, Caen ou Le Havre). Le maire UDI de Deauville Philippe Augier souligne que cet aéroport peut attirer aussi une clientèle francilienne intéressée par un site « pas encombré » et un parking « bon marché » à la différence des aéroports parisiens. Mais pour être compétitif, cet aéroport géré par un syndicat mixte via la CCI du Pays d’Auge devra monter en gamme. Son trafic s’établit aujourd’hui à 120.000 passagers en 2014 – contre 138.000 en 2013 – grâce essentiellement à des vols charter.