Quand les difficultés s’accumulent, il est facile de se couper du monde et de perdre toute estime de soi. Isocom, une action mise en place par l’association Util’emploi et la Ville, aide à se remettre en mouvement. Il y a six mois, André, Catherine, Djahida, Fatiha, Jean-Pierre… étaient englués sous une montagne de difficultés personnelles. Seuls dans leur bulle. Sur le conseil de professionnels, ils ont intégré le groupe « Isocom » qui se mettait en place de façon expérimentale à Saint-Etienne-du-Rouvray. « Iso » pour isolement et « com » pour communication. L’objectif premier pour les participants étant bien de sortir de l’isolement, de retrouver confiance en soi et donc l’envie d’avancer et d’agir.
L’action, créée et développée par Util’emploi, une association intermédiaire d’aide par le travail, allie un accompagnement individuel – relativement classique – et une dynamique collective. En groupe donc, les personnes se retrouvent plusieurs fois par semaine en divers lieux de la ville, ce qui permet de découvrir des équipements municipaux ou associatifs, pour des atelier d’écriture ludique, de l’informatique ou de la sculpture.
"Quand on a des difficultés, souvent, il n’y a pas de place pour la convivialité. J’avais donc envie de remettre en avant la notion de plaisir. Avec Isocom, l’idée c’est de ne pas attendre que des problèmes (financiers, d’addiction, de logements…) soient réglés pour commencer à se faire plaisir. Pour cela, nous avons fait le choix de la médiation culturelle et de l’expression. Parce que c’est très pénible d’être en permanence centré sur ses problèmes", explique Pierre Barrière, chargé de développement d’actions d’insertion à Util’emploi.
À entendre les participants, le concept fonctionne plutôt bien. Avant, André était « scotché à son canapé » comme il dit. Il ne voyait personne et n’avait envie de rien. « Là j’ai rencontré du monde. Je me suis mis à l’ordinateur, à la poterie, ça me change… » Catherine apprécie surtout le fait d’avoir trouvé auprès de professionnels, mais aussi des participants « une écoute sans jugement ». « J’ai repris confiance, j’ai une meilleure image de moi-même. Nous avons eu des échanges riches, sur des tas de sujets. » Fatiha aussi sort renforcée de cette expérience : « Je cherche vraiment un travail, mais c’est difficile. Avec Isocom, on redécouvre qu’on n’est pas fainéant, qu’on n’est pas un fantôme quand on est au chômage. »
Isocom ne résout évidemment pas tout en six mois, mais l’action permet de débloquer des choses, de faire le plein de forces pour avancer… Un deuxième groupe va voir le jour prochainement, n’hésitez pas à vous renseigner.
• Util’emploi, action Isocom. Contacts : Pierre Barrière, utilemploi@wanadoo.fr et 0235629273 ; service municipal de développement social : 02 35 65 70 53.