Défendre et moderniser les capacités de développement économique de notre territoire! Une exigence du changement

Une délégation du Comité de Défense du Triage de Sotteville a été reçue au Ministère des Transports le vendredi 30 mars par M. Guimbaud, sous-directeur Fret, et trois de ses collaborateurs. Il s’agissait de remettre les près de 11 000 pétitions collectées ces derniers mois ainsi que les 13 motions ou délibérations prise par plusieurs municipalités de la région normandes, et bien sûr de faire connaître les motifs de notre mécontentement et nos revendications (*).

Plusieurs élus ou de leurs représentants (Hubert Wulfranc, maire de Saint Etienne du Rouvray, Conseiller Général, Hélène Klein Adjointe au Maire de Rouen représentant Mme Fourneyron, Députée-Maire de Rouen, Olivier Marchand représentant Pierre Bourguignon Député-Maire de Sotteville et Olivier Christol, Conseiller municipal de Sotteville représentant Claude Collin Conseiller Général) accompagnant les membres du Bureau (Pierre Ménard, Luc Delestre, Grégory Laloyer, Stéphane Lachèvre, Philippe Béguin), constituaient cette délégation.

Au cours de l’entrevue qui a duré un peu plus de deux heures, la délégation a rappelé les conditions dans lesquelles les abandons successifs d’activité de la SNCF ont porté atteinte au Triage de Sotteville lès Rouen.
Elle a protesté contre les décisions politiques européennes et nationales qui n’ont fait qu’aggraver la situation du fret ferroviaire : éclatement de la SNCF entre SNCF et RFF, puis de la SNCF elle-même en sous-structures ; danger et totale inefficacité (en terme de volume de trafic) de l’ouverture à la concurrence ; entêtement de Fret-SNCF dans des politiques commerciales négatives pour le rail. La délégation a souligné le danger pour l’emploi direct et pour l’emploi indirect de la baisse d’activité du Triage de Sotteville, ainsi que son effet négatif sur l’économie de toute la région normande. Elle a insisté sur le fait que les dernières mesures envisagées à tous niveaux sont particulièrement préoccupantes pour le fret ferroviaire tout entier et le Triage de Sotteville proprement dit. Elle a dénoncé le projet de Géodis de supprimer les manoeuvres de nuit à partir de juin sur le site ; ainsi que les différents projets de démontage de voies qui courent depuis deux ans et contre lesquelles le Comité s’est mobilisé ; elle a également dénoncé la transformation par SNCF du site de Sotteville en « mouroir » pour du matériel ferroviaire dont une partie pourrait être encore utilisée. Elle a également remis en cause les récentes décisions européennes de nouveau dépeçage de la SNCF ; s’est élevée contre les nouvelles ouvertures à la concurrence envisagées en matière de transport « voyageurs » ; mais aussi contre les conclusions des « Assises nationales du ferroviaire », notamment celles visant à la disparition d’un tiers du réseau français et celles concernant la remise en cause du statut des cheminots ; ou encore contre la décision récemment prise d’autoriser les camions de 44 tonnes avec tous les risques humains et écologiques que cela représente tout en étant une nouvelle attaque contre le fret ferroviaire. La délégation a réclamé : – Une garantie formelle de non démontage d’installations sur le site du Triage de Sotteville – Le maintien de toutes les activités existantes, y compris celles de nuit – La libération totale des voies pour les rendre à leur utilisation première : le trafic ferroviaire – Des mesures générales de relance du fret ferroviaire en France et en particulier, sur le site de Sotteville lès Rouen, la réactivation des embranchements aux entreprises, le rétablissement du wagon isolé, la remise en service du tri par gravité. Et dit la détermination du Comité de défense à poursuivre sa lutte en convergence avec tous les défenseurs du chemin de fer français sur le territoire national. La réponse des interlocuteurs du ministère a consisté à tenter de démontrer la pertinence des mesures nationales, soi-disant dictées par l’Europe… le tout dans une perspective de « rentabilité économique » d’inspiration libérale, dont les membres de la délégation ont contesté le bien-fondé et dénoncé la nocivité tant pour le fret ferroviaire en générale que pour le Triage de Sotteville proprement dit ou encore pour les cheminots et les citoyens de notre région normande. Une avancée significative a été obtenue dans le sens ou : d’une part le Ministère se porterait garant de l’affirmation de RFF de ne plus vouloir procéder à des démontages d’installations ; d’autre part aurait obtenu de Géodis le renoncement à arrêter les manoeuvres de nuit sur le site du triage de Sotteville. De cette entrevue, la délégation conclut à la nécessité de rester vigilants sur le respect des engagements de non-démontage et non-suppression des manoeuvres de nuit, mais surtout à celle de continuer l’action localement et nationalement afin d’obtenir dans un futur proche une révision significative des politiques en matières de Chemin de fer et notamment en matière de fret ferroviaire.
(*) Le Mémorandum complet remis au Ministère et objet de la discussion lors de l’entrevue est en pièce jointe et consultable sur le blog du Comité de Défense du Triage.

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