Le quotidien Paris-Normandie, placé en redressement judiciaire, sera fixé sur son sort le 21 juin prochain c’est à dire jeudi. De toute évidence et à moins d’un retournement de situation de dernière minute, le tribunal de commerce du Havre n’aura sans doute pas d’autre alternative que d’en prononcer la liquidation. « PN ne peut pas disparaître… Il y aura bien quelqu’un pour prendre la relève… ». Autant de réflexions béates de naïveté auront été prononcées au sujet de l’avenir de ce journal. Pourtant la réalité est bien là et elle n’est pas rose. Non seulement ce sont plus de 300 salariés qui sont menacés de se retrouver sans emploi mais il existe également toutes les activités induites qui risquent de disparaître. Et là je prêche pour ma paroisse. Les correspondants de presse qui fournissent l’essence même des pages quotidiennes sont rémunérés en honoraires. Certains pratiquent cette activité en complément d’une retraite, d’autres en vivent littéralement. Quid de leur destinés? Pas question d’indemnités chez pôle emploi! Du jour au lendemain, plus de revenus! Les personnes qui s’adonnent à la rédaction des articles relatant la vie de tous les jours, « la vie du village », le font souvent par passion. Celle de rencontrer des gens, de tous les milieux, de toutes les conditions, dans le but de rendre compte, de faire circuler l’information de proximité. N’est-ce pas agréable de reconnaître Mamie sur la photo relatant le partage de la galette des rois? N’est-ce pas émoustillant pour cette mamie de retrouver son petit-fils au premier plan de la remise des diplômes? Et tout cela devrait disparaître du jour au lendemain? En silence, en catimini? Peu importe d’où proviennent les difficultés qui ont amenées Paris-Normandie à cette situation extrême. Je reste persuadé qu’il reste des pistes à envisager, des compromis à trouver. « Il n’y a pas de problèmes, juste des solutions… ». Alors il est toujours temps. A condition de se remuer un peu le cul!