Aujourd’hui c’était donc jour de rentrée. Une journée de rentrée c’est toujours un jour particulier. Il y a un côté solennel avec un brin d’émotion pour les nouveaux, et comme une pointe de lassitude voire un côté un peu blasé pour les plus anciens. Je vis ce moment pour la deuxième fois. J’avais pourtant de l’émotion mélée à de la fierté, celle tout à fait légitime et qui ne fait pas prendre la grosse tête, de me retrouver sur les bancs de l’assemblée à representer non seulement un territoire mais aussi la souveraineté nationale. J’avais également le sentiment que ce nouveau mandat ne ressemblerait pas au précédent. Le passage de l’opposition à la majorité change forcément la nature du travail parlementaire. Je vais pouvoir m’impliquer davantage. Il est très difficile quand on appartient à l’opposition d’obtenir du temps de parole, de se voir confier des missions ou de signer des rapports parlementaires. J’en ai fait l’amère expérience durant cinq ans. Autre changement. Le nouveau président de la République respecte le parlement. Il souhaite qu’il joue pleinement son rôle. La volonté de changement exprimée par les Français doit trouver sa traduction dans la loi. La majorité doit rendre concret chacun des engagements du président. Le travail promet d’être exhaltant. Les travaux vont commencer dès le mois de juillet. En attendant les séances d’aujourd’hui et de demain ouvrent une nouvelle législature en donnant à l’assemblée un président et un bureau. Je me réjouis de l’élection de Claude Bartolone. Son parcours, ses origines, ses valeurs, rappelent que la République porte en elle une formidable promesse d’égalité. Son discours dissimulait mal une réelle émotion. Son élection a été saluée sur tous les bancs de l’hémicycle. Elu en 1981, il fut l’un des plus jeunes de l’assemblée à l’époque, il est reconnu pour ses compétences et ses qualités relationnelles. Son autorité sonne comme une évidence. Il respecte l’opposition et veut redonner de l’éclat à la chambre. Il posséde l’étoffe nécessaire pour accomplir cette belle ambition.