La rentrée parlementaire hier était consacrée à la discussion sur le projet de loi portant création des emplois d’avenir. Texte majeur dans un contexte difficile sur le front de l’emploi. Mesure attendue pour apporter une réponse aux milliers de jeunes qui peinent à trouver un travail ou qui souffrent d’un manque de formation. Les chiffres sont connus. Ils sont éloquents. Chaque année, environ 120000 jeunes sortent de notre système scolaire sans diplome. Pour ces jeunes, l’accès à l’emploi est très difficile. Moins du tiers d’entre eux trouvent rapidement un emploi durable. Pour les autres, ce sont souvent plusieurs années de “galère” faites de stages, de missions d’intérim, de périodes de chômage et d’inactivité : plus de quatre en moyenne avant d’accéder au premier contrat à durée déterminée. Le taux de chômage de ces jeunes, dans les quatre années suivant la fin de leurs études dépasse 45%. Devant cette réalité et ces chiffres qui se sont aggravées en cinq ans, on ne peut pas rester les bras croisés. Les emplois d’avenir sont une des réponses possibles. Viendront ensuite les contrats de génération. Les jeunes sans diplôme doivent être les premiers bénéficiaires des emplois d’avenir, en particulier dans les territoires urbains et ruraux les plus marqués par le chômage. Régulièrement lors de mes permanences, je rencontre des jeunes dans cette situation et bien souvent je me trouve un peu désarmé. Même si je ne reste pas les bras ballants. Soutien auprès d’entreprises locales, promotion de l’apprentissage… Mais cela ne suffit pas. Cette nuit dans l’hémicycle, les députés de l’opposition se sont succédés pour dire tout le mal qu’ils pensaient de cette idée. Sans éviter les caricatures. Donnant même parfois des leçons. Oubliant un peu vite leur triste bilan en la matière. Leur échec patent aurait du les rendre plus humbles. Humilité ne régnait pas sur leurs bancs cette nuit. Passer le vote du Parlement, dans quelques jours, les collectivités seront appelées à se saisir de ce dispositif afin de mettre le pied à l’étrier à 150000 jeunes en 2012 et 100000 autres jeunes en 2013. Voilà de quoi liés durablement emploi et avenir.