Samedi 6 octobre, trois malfaiteurs avaient attaqué La Poste de Bléville, au Havre, avec des armes de poing.
Des « vols en réunion avec violence », il y en a eu une vingtaine en quelques mois dans des commerces et établissements bancaires du Havre et de son agglomération. À la veille de Noël, les commerçants sont inquiets et le ministre de l’Intérieur a été alerté (notre dossier).
Ce mercredi 14 novembre, un épicier s’est une nouvelle fois fait attaquer au Havre. Menacé par une arme de poing, « il est parvenu à maitriser son agresseur. L’homme, qui prenait la fuite avec 20 euros, a été immobilisé. Le suspect, âgé de 43 ans, a été remis à la police », relate France 3 Haute-Normandie, sur son site internet.
Au lendemain du braquage de l’agence postale de la rue Gustave Brindeau, au Havre, le mardi 30 octobre, les agents des 24 bureaux de Poste de la ville avaient fait valoir leur droit de retrait, devant ces braquages à répétition.
Des vigiles dans les bureaux du centre-ville
Vers 12h, ce jour-là, un homme armé avait fait irruption dans l’établissement du quartier de l’Eure. Sous la menace d’une arme de poing, il s’était fait remettre le contenu de la caisse. À l’époque, à La Poste, un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail) s’était tenu dans l’urgence pour demander à la direction la mise en place de vigiles dans les 24 bureaux de la ville. Pour faire pression, les agents avaient fermé les portes des bureaux, durant une matinée.
« Nous le réclamions depuis début juillet, car la ville est le théâtre de braquages depuis 1997 ! », rappelle Stéphane Guérard, militant Sud-PTT. « Et pour cette seule année 2012, nous recensons déjà 11 braquages de bureaux de Poste au Havre et dans son agglomération », comptabilise-t-il.
Le dernier, c’était au bureau de Poste de Bolbec, ce samedi 10 novembre, à une trentaine de kilomètres du Havre. Ce nouveau hold-up a été commis vers 9h30, place Felix Faure. Deux hommes encagoulés ont menacé avec une arme de poing « les quatre employés et les deux clients », afin de se faire ouvrir le coffre. Ils sont repartis à bord d’une Audi volée, avec « plusieurs milliers d’euros ». Repérée par les forces de l’ordre, les malfaiteurs ont réussi à les semer, à proximité du Havre…
Un nouveau CHSCT ce vendredi 16 novembre
Si la présence des vigiles est désormais actée et régulière dans les bureaux de Poste du centre-ville du Havre, ce n’est pas le cas dans l’agglomération. Ce que réclament désormais les agents. « Preuve est faite avec l’attaque de Bolbec, le week-end dernier. Rien de surprenant en cela si l’on considère qu’en tout début de mois, nous sommes en pleine période d’allocations. Les braqueurs vont là où l’argent est plus facile à prendre », s’inquiète Stéphane Guérard.
Un nouveau CHSCT extraordinaire doit ainsi se réunir, ce vendredi 16 novembre. « Notre demande est simple : voir des vigiles désormais dans tous les bureaux de poste du Havre mais aussi dans toute sa grande banlieue, jusqu’à Fécamp ».
Le délégué syndical se dit pour l’heure peu rassuré par la réponse de la direction « qui ne veut pas dépenser plus que de raison, sauf que nous avons des agents en souffrance qui travaillent maintenant la peur au ventre », s’alarme-t-il. « Le Havre est un point chaud. Certains ont été déjà braqués trois fois dans leur carrière havraise. Je peux dire que plus de la moitié des agents havrais ont été braqués au moins une fois », soupire-t-il.
La direction, en accord avec la préfecture, a obtenu une augmentation des rondes de police. « Mais elles sont ponctuelles et inefficaces », estime Stéphane Guérard.
Depuis cette semaine sont également proposées « des formations de gestion des agressions », aux guichetiers, « ce qui ne les rassurent pas vraiment », soupire le syndicaliste qui redoute « un risque accru de braquages, à l’approche de Noël ».
L’ensemble des organisations syndicales exige désormais « un préjudice d’anxiété » (un précédent a eu lieu au mois de juillet dans l’Éducation Nationale) auprès des tribunaux des Prud’hommes et administratif. « Nous allons mettre en cause la responsabilité du directeur régional », annonce Stéphane Guérard.