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Par maximecombes
Du 1er au 7 octobre, s’est tenu à Panama City un dernier round de négociations avant la conférence internationale sur le climat qui aura lieu du 28 novembre au 9 décembre à Durban (Afrique du Sud). Si le sommet de Cancun avait entériné le pseudo-accord de Copenhague, Durban risque d’enterrer le protocole de Kyoto. En effet, La Russie, le Canada et le Japon, ont déjà déclaré qu’ils ne voulaient pas d’une seconde période d’engagements dans le cadre du protocole de Kyoto, pour l’après-2012. Avec l’Union Européenne et les États-Unis, ils exigent un dispositif s’appliquant à la Chine et aux grands pays émergents tout en refusant d’ouvrir de véritables négociations pour un accord réellement contraignant et à la hauteur des enjeux.
Le plus probable est donc que ce qui reste de contraignant, le protocole de Kyoto, soit abandonné au profit des seuls engagements volontaires. Par ailleurs, le Fonds Verts pour le Climat n’est toujours pas en place et s’il devait le devenir à Durban il laisserait a primauté aux financements privés issus des marchés, notamment du carbone, en donnant un rôle majeur à la Banque Mondiale.
Dans le même temps, les émissions mondiales de CO2 ont atteint 30,6 gigatonnes (Gt) en 2010, soit 5% de plus que le précédent record de 2008, d’après les dernières données de l’Agence Internationale de l’Energie. Par habitant, si les émissions de la Chine – dont une bonne part est destinée à la production de biens exportés – s’élèvent à 5,8 tonnes, 1,5 tonnes pour l’Inde, les pays de l’OCDE en sont à 10 tonnes par habitant et par an.
A un mois du sommet de Durban, les négociateurs semblent aujourd’hui privilégier une stratégie des petits pas, attendant un hypothétique déblocage diplomatique. Pourtant, face aux enjeux considérables soulevés par les dérèglements climatiques, cette stratégie des petits pas ne fonctionne pas. Seule une mobilisation citoyenne sans précédant, alliant alternatives concrètes et collectives, exigences de mesures locales et nationales à la hauteur des enjeux et mobilisations internationales, pourra inverser le rapport de force et débloquer la situation. Sur la base des déclarations de Cochabamba ou de Lézan, les propositions alternatives pour fonder un nouvel ordre climatique mondial ne manquent pourtant pas.
D’ailleurs, au moment où se tenait les négociations à Panama City, des membres de communautés et organisations sociales paysannes, de peuples indigènes, de descendants africains, d’universitaires, d’étudiants, de femmes, venant de la région mésoaméricaine, se sont réunis et ont adopté une déclaration qui mérite d’être connue et diffusée.
Cancun entérine Copenhague
Par maximecombes
Compte-tenu de l’urgence climatique – les émissions de gaz à effets de serre ont vraisemblablement augmenté de 3 % en 2010 – il n’y a qu’une seule façon d’évaluer un accord : permet-il de réduire drastiquement les émissions de GES ? A la lecture des deux textes issus des négociations de Cancun, la COP-16 n’aura pas été à la hauteur des enjeux, alors que les espérances n’étaient déjà pas très élevées. Les engagements actuels, selon les prévisions des scientifiques, pourraient conduire à une augmentation de la température de plus de 4°C. Soit un véritable désastre pour de nombreux pays fortement vulnérables aux dérèglements climatiques (îles, zones côtières, régions avec peu de ressources hydriques, etc…).
A cette absence d’engagements suffisants, s’ajoute la remise en cause du seul instrument légalement contraignant actuel, le protocole de Kyoto. Le nouveau texte offre en effet de nombreux échappatoires aux pays désirant se dégager de leurs responsabilités. Présentées comme de véritables succès, les mises en place d’un fond vert pour le climat et d’un dispositif pour lutter contre la déforestation sont loin d’être satisfaisants. Par exemple, les sources de financement du fonds vert ne sont pas précisées, laissant la porte ouverte à une primauté de financements privés possiblement issus des marchés carbone. Ce fonds sera par ailleurs confié pour les trois prochaines années à la Banque Mondiale qui ne cesse d’accroître ses financements pour les projets d’extraction de pétrole. Le dispositif REDD+ (Réduction des Emissions liées à la Déforestation et la Dégradation des forêts) quant à lui ne reconnaît pas les droits des populations locales et en l’état sera surtout une opportunité pour des multinationales ou des États de financer des projets « verts » à moindre coût sans rien changer de leurs émissions.
Au final, les États-Unis et la Chine sont les grands gagnants de cet accord, leurs exigences ayant toutes été respectées. Les États-Unis ne s’engagent sur rien de contraignant. La Chine ne verra aucun contrôle international sur ses politiques nationales. Une fois de plus, les réalités géopolitiques et économiques ont largement déterminé le résultat de ces négociations. Preuve en est qu’on ne sauvera pas le climat sans changer le système.
Ci-dessous un recueil de textes et de communiqués.
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Sur les négociations :
Cancún, un accord qui entérine Copenhague, communiqué d’Attac France
Les mesures de Cancun empêchent l’effondrement et maintiennent le protocole de Kyoto sous respiration artificielle, communiqué des Amis de la Terre International
Le putsch silencieux des pays industrialisés transformé à Cancun, par Fanny Simon
Dark side of the Moon : récit d’une dernière nuit de négociations à Cancun, par Amélie Canonne
Négocier à Cancun… ou agir localement, par Christophe Aguiton
Parfum d’ambiance à J-1, par Amélie Canonne
Cancún à la veille de la fin des négociations, communiqué d’Attac France
Cancun : où sont vraiment les idéologues ?, par Geneviève Azam
Cancun : faudra-t-il aller au clash ?, par Maxime Combes
Walking on the Moon, par Amélie Canonne
A Cancún, La Vía Campesina appelle à faire échec aux marchés du carbone, par la Via Campesina
Cancun à Mi-parcours, par Attac France
Cancun, la bulle caraïbe, par Geneviève Azam
Négociations climatiques mode d’emploi, par Christophe Aguiton
Climat, une dette oubliée par Maxime Combes
Sur les mobilisations :
And the winner is…. la Banque mondiale ?, par Hélène Cabioc’h
Cancun : Exclus des négociations pour avoir porté « la parole des peuples », par Maxime Combes
Jour de manif, par Christophe Aguiton
Dans les rues de Cancun, la justice climatique en marche, par Hélène Cabioc’h
Ouverture du Forum « El Dialogo Climatico » à Cancun, par Fanny Simon
Cancun, un sommet international… et une mobilisation militante mexicaine, par Christophe Aguiton
« Deux mondes qui ne se comprennent pas » par Maxime Combes
Cancun ? Des caravanes dénonçant « la duplicité des gouvernements » par Maxime Combes
Sur la route de Cancun, Mexico City accueille des caravanes des paysans par Nicolas Chidlovsky
Bruxelles : des milliers de personnnes chantent pour le climat par Jeanne Planche