Je me suis rendu ce midi à la raffinerie de Petit-Couronne pour l’assemblée générale des salariés. C’est un jour important dans une lutte qui dure depuis plus d’un an, depuis que le site Petroplus a été placé en redressement judiciaire après la cessation de paiement de la maison mère en janvier 2012, puis mis en liquidation judiciaire avec poursuite d’activité pendant deux mois à l’automne, enfin mis à l’arrêt mi-décembre. Sur place, étaient venus nombreux salariés et travailleurs retraités du site, salariés d’autres entreprises, mais aussi habitants des communes voisines et élus locaux de la CREA, de Seine-Maritime et même du département voisin de l’Eure. Dans notre région, la solidarité avec les Petroplus est une réalité.
En tant que député de notre circonscription, j’ai rappelé le sens de notre combat commun et évoqué les enjeux des heures qui viennent, dans le prolongement de la réunion qui s’est déroulée lundi 4 février, durant plus de deux heures, à Matignon et à laquelle l’intersyndicale, le maire de la commune, Dominique Randon, et moi-même avons participé.
L’objectif, c’est encore et toujours la reprise industrielle de la raffinerie et la sauvegarde des emplois. C’est en fin d’après-midi que s’achèvera la délai pour déposer des offres de reprise. Ce sont les administrateurs judiciaires qui les recueilleront et qui seront chargés de les transmettre au tribunal de commerce. Pour qu’une offre soit ferme et définitive, il faut qu’elle soit crédible. Un repreneur crédible doit apporter une double garantie : garantie d’approvisionnement et garantie de financement. C’est aux investisseurs potentiels de réunir ses conditions.
Pour faciliter une reprise, tout au long de ces derniers mois, le Gouvernement a négocié avec Shell un accord de processing qui a permis à la raffinerie de redémarrer pendant six mois et de montrer sa viabilité. Mais, outre l’attention et l’assistance apportées aux repreneurs qui se sont manifestés, l’Etat a confirmé qu’il accompagnera tout repreneur crédible qui le sollicitera, sous forme de participation minoritaire. Les investisseurs potentiels en ont été informés, suite à l’engagement du Président de la République le 5 janvier en Haute-Normandie : « l’Etat ne sera pas le repreneur, mais il est prêt à l’accompagner ». C’est un acte fort de volontarisme que j’avais demandé le 19 octobre dernier, lors d’une réunion avec l’intersyndicale à l’Elysée.
Dans toutes les hypothèses, c’est un autre point sur lequel j’ai insisté, n’oublions pas qu’il y a quatre ans encore, la raffinerie s’appelait « la Shell », que ce grand groupe a été le propriétaire du site pendant plus de quatre-vingts ans, jusqu’en 2008 et que, ainsi que l’a dit le chef de l’Etat le 5 janvier, « Shell devra prendre sa part de responsabilité » à l’égard des salariés et du territoire.
Voilà à quoi nous agissons, tous ensemble, avec les pouvoirs publics et l’intersyndicale : jusqu’au bout, consacrer tous les efforts et mobiliser toutes les énergies pour une reprise de la raffinerie. Parce que 470 emplois, 470 familles, sont concernés, ainsi que les salariés des entreprises sous-traitantes et les emplois induits dans le bassin de vie. C’est aussi un combat pour la défense du raffinage en France et l’indépendance énergétique du pays.