Le 106 travaille d’arrache-pied à l’émergence d’une scène rouennaise

(fil-fax 23/02/13)

Studio de répétition © Le 106

Près de 350 groupes locaux fréquentent les studios de répétitions de la salle de musique actuelle (SMAC) de l’agglomération rouennaise du 106. Côté scène, la SMAC a enregistré 180.000 spectateurs depuis son ouverture en novembre 2010 à raison de 90 concerts par an.

Côté coulisse, les cinq studios de répétition du 106, peu visibles au premier abord, reçoivent des centaines d’amateurs chaque mois, chaque semaine, des promesses de succès plein les yeux. « Nous avons encore quelques années de labeurs. Notre responsabilité est de rassembler les ingrédients pour que le succès se produise », se félicite Jean-Christophe Aplincourt directeur du 106 dont l’une des missions consiste à accompagner des jeunes groupes musicaux. Dans ces « lieux d’assemblages » les groupes se font et se défont au gré des rencontres. Leur espérance de vie est parfois éphémère. Pour la plupart faire de la musique relève des loisirs. Mais certaines formations sont identifiées « à potentiel » comme “Virus“, “Le cri de la banban“, “Kelly Pavan“ ou “Lascaux“. Parce que « l’accompagnement est fondateur de ce qui fait une SMAC », le 106 parraine à ce titre six groupes par an. « Depuis l’ouverture nous défendons une philosophie de l’émancipation. Notre travail c’est de l’import export. Il y a les 80.000 spectateurs par an mais en s’arrêtant à cela notre mission serait incomplète. Le flux doit fonctionner dans les deux sens », explique le directeur. Clermont-Ferrand, Reims ou Caen sont à ses yeux des exemples à suivre. Dans ces villes « une couleur musicale » a émergé quelques années après l’éclosion d’une SMAC. « Une scène rouennaise va éclore », veut croire Jean-Christophe Aplincourt : « Il n’y a que le facteur chance que l’on ne peut pas maîtriser ».

Tutorat du talent

Le 106 dispose de 5 studios de répétition insonorisés de 26 à 40m2 ouverts du mardi au dimanche. Un studio de MAO, musique assistée par ordinateur, et de maquettage de 24 m2 est ouvert à tous les musiciens qui souhaitent enregistrer et mixer une maquette promotionnelle. L’accompagnement va de l’initiation à la répétition – il n’est pas toujours facile d’éviter un effet Larsen – à une initiation à la scène. Une aide technique est à disposition des groupes en répétition pour savoir se placer, régler son matériel, utiliser le système de sonorisation, gérer son temps de répétition ou prévenir les risques auditifs. Il faut apprendre à gérer les retours, le son en façade, communiquer avec un régisseur son, créer son plan de scène et sa fiche technique. Plus tard le “Self Recording“ initie les musiciens à l’enregistrement autonome en studio de répétition. L’engorgement des studios est palpable les mercredis et les week-ends.

Booster les énergies

En voie de professionnalisation les groupes rouennais “Darko“ et “Lascaux“ et le groupe dieppois “For the Hacker“ viennent d’être nommés lauréats 2013 du dispositif “booster“. Porté par le Réseau des musiques actuelles de Haute-Normandie (RMAHN), dont fait partie le 106, le dispositif annuel dont c’est la 4ème édition est financé par la Région Haute-Normandie pour un montant total de 50.000 €. Il a pour but de valoriser la créativité et l’originalité des artistes et de leur faciliter l’entrée en marché et renforce l’identité de la région par l’émergence d’artistes. “Darko“ représentera la Haute-Normandie aux iNOUïS du Printemps de Bourges le 26 avril prochain.

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