DSK guette
La Presse française est-elle prête aujourd’hui à signer collectivement une Charte de déontologie contrôlée par un organisme indépendant de
type CSA et abandonner une partie de sa ligne éditoriale au profit d’une éthique collective ? Aucun des grands titres de la Presse quotidienne ou hebdomadaire ne s’est interdit de
dépêcher un de ses journalistes au chevet de DSK. Pour cette affaire la chasse rapprochée a souvent été confiée aux plus grandes plumes des services politiques. Depuis le début, l’aspect
politique est bien mince. Complot, déstabilisation, piège peut-être ? De la première dépêche qui est tombé aux révélations du Carlton, mais aussi des petits soucis de DSK au sein de
l’institution internationale, rien ne semble relever des services politiques des rédactions, mais bien du service santé ou plus probablement de la rubrique société. Le Huffington Post affiche un
partenariat nourri avec le journal « Le Monde » sans que d’aucuns relèvent la chronologie de son introduction sur le marché de la Presse en ligne (23 janvier 2012). L’affaire DSK
démontre une fois de plus la faiblesse des rédactions face à ce que l’on peut appeler la puissance de l’Argent. Si un homme peut faire ce qu’il veut de sa vie privée, il y a des cas où
inévitablement ses turpitudes sont relatées sur la place publique .François Mitterrand a pu un temps préservé Mazarine Pingeot, mais son installation dans une aile du Palais de l’Élysée rendait
la situation moins intime. Bill Clinton pouvait prendre sa pause café comme bon lui entendait, mais la justice américaine ne l’entendait pas de cette oreille ! Que Dominique Strauss Kahn
soit un épicurien hors du commun, nul n’en doute ! Mais qu’aujourd’hui il invoque des atteintes à sa vie privée ? Dans ses confessions, il ne manque jamais d’évoquer ses regrets sur son
comportement qui lui ont valu outre de payer au civil des dommages et intérêts à une femme, mais qui lui ont valu aussi une incarcération dans un pays démocratique. Aujourd’hui, l’affaire du
Carlton met en lumière les fréquentations inappropriées de celui qui se destinait à prendre en main le destin de la France. Dodo la saumure aurait-il été rapporteur du projet de loi sur la
réouverture des maisons closes ? Non Dominique Strauss Kahn est un homme qui sait faire la part des choses entre vie privée et vie publique. Pourquoi n’a-t-on pas fait insérer les mêmes
feuillets d’avertissement sur la vie privée lorsque la Presse a publié le rapport de la police New Yorkaise. Un rapport que l’on pourrait classer X, interdit aux mineurs ? Il y a assurément
une dérive éditoriale dans la qualification de « politique » de ce qui relève du « people ». Si DSK gagne sur le terrain de l’atteinte à la vie privée, il ne gagnerait pas sur
l’atteinte à la vie publique française. Son comportement exagéré a entaché durablement la République et le peuple français. Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dodo la Saumure ce qui
est à Dodo la saumure….
Igor deperraz