Le vrai magicien, c'est lui (photo : Gilles Vautier).
76actu : Comment est née l’idée de monter un spectacle magical ?
Dani Lary : Tout simplement. Pendant des années, j’alignais des tours de magie à la queue leu leu pour présenter un spectacle de deux heures. À part devenir le champion du monde de démonstration de tours, ça ne m’apportait rien de plus. Et puis il y avait une chose que je ne supportais plus, le fait que l’on me demande : « Mais tu fais comment pour faire voler ton piano ? ».
Le spectacle Dracula
J’ai été sollicité par Kamel Ouali qui m’a demandé de créer une vingtaine d’effets pour son spectacle Dracula. Je suis rentré dans cet univers. J’ai travaillé deux à trois semaines au Palais des sports, à Paris. J’ai regardé, observé et je me suis dit : « Finalement, c’est vachement bien ». C’est frai, c’est joli, c’est une autre manière de présenter un spectacle. Je me suis dit que je devrais monter un spectacle magical.
J’ai commencé par un petit bout, je me suis dit que c’était bien, mais il me fallait continuer, créer une histoire. Finalement tout le spectacle de magie a basculé. Maintenant je me place plus comme un comédien qui joue un rôle d’illusionniste. Il se passe des émotions simples qui se greffent en plus. À la fin du spectacle, j’ai vu des gens pleurer.
Entrez dans l'histoire du comte du Bois des Naix (photo : Gilles Vautier).
Les gens rentrent dans l’histoire
Quand on va voir un film de Spielberg, tout le monde se fiche de l’arrière du décor, mais pourquoi s’intéressent-ils au monde du magicien ? Maintenant que je fais un spectacle, les gens sont dans l’histoire. J’ai découvert un truc fabuleux : les gens entrent dans l’histoire et ne se posent plus de questions. C’est un concept novateur. La tournée du spectacle passe dans 60 Zéniths ou salles assimilées.
Est-ce qu’il y aura une suite à ce spectacle ?
Il y en aura une. Elle se prépare pour l’année prochaine. J’ai TF1 comme sponsor et la chaîne demande que cela continue.
Comment est née l’idée de l’histoire ?
Quand j’étais plus jeune, je jouais dans un château, celui du comte du Bois des Naix. Le jour où je suis parti de chez Kamel Ouali, je cherchais une histoire pour monter un spectacle. Ma sœur m’a alors suggéré de raconter mon histoire.
Un spectacle magical étonnant (photo : Marc Molina).
Une bien triste noce
Un livre avait été écrit sur le comte. Je l’ai acheté. C’était quelqu’un de très généreux. Toute sa vie, il a pensé à faire du bien autour de lui. Le jour de son mariage, à l’âge de 64 ans, il avait invité toute la population de la commune à ses noces. Mais c’est ce jour-ci que son épouse est décédée. C’est cette histoire que je raconte. Et une fois tous les 100 ans, les fantômes ressortent pour fêter cette noce qui n’a jamais eu lieu.
Le décor est au service de l’histoire ?
J’ai fabriqué un décor de château gothique. Pendant l’entracte, on change de décor pour monter celui d’un château restauré. On fait d’un seul coup un bon de 300 ans en avant. On fait rêver les gens.
Bienvenu au château (photo : Marc Molina).
Au contact du public
À la fin du spectacle, je me mets à la porte principale et je serre la main des spectateurs. Je les ai invités à venir dans mon château. Je les en remercie, ça fait partie du spectacle. Chacun me dit quelque chose de sympa à ce moment là. Un jour un enfant a dit à sa mère en me désignant : « Maman tu vois, lui c’est un vrai magicien ». C’est un vrai compliment.
Maintenant, à 54 ans, je peux dire : « Je suis le vrai magicien ».
- Infos pratiques :
Au Zénith, avenue des Canadiens, au Grand-Quevilly
Tarifs : de 28 à 46 euros