Alexis Deck et Jean-Pierre Michel, récemment nommés à la tête de Sa.bi.ne, pensaient encore tout récemment développer plusieurs projets au sein de l'association. Dans l'attente de la décision du tribunal, ils préfèrent jouer de prudence (photo d'archives).
SA.BI.NE, association de promotion du vélo et de réinsertion sociale, connait des jours difficiles. Alexis Deck et Jean-Pierre Michel, respectivement directeur et président de l’association – nommés seulement en février 2013 – ont déclaré l’association en cessation de paiement. Elle est endettée à hauteur de 138 000 euros, fruit de l’héritage du passé.
« La boutique a ronronné pendant plusieurs années, sans plus. Des problèmes dans l’organisation : la gestion financière et humaine de l’association. », regrette son directeur.
Avec ses 40 salariés, l’association a tout de même tout d’une entreprise ! À la fin du mois de janvier 2013, Alexis Deck devait faire le triste constat que Sabine n’était plus en mesure d’assurer le paiement immédiat des salaires. L’association a déposé le bilan, lundi 18 mars, et s’est déclarée en cessation de paiement. Le tribunal prononcera le redressement ou la liquidation judiciaire, le lundi 8 avril.
« Nous sommes déterminés à ne pas fermer boutique. Mais il nous faut pouvoir faire toutes les économies nécessaires pour redresser la barre. Ceci implique une baisse de la masse salariale ainsi qu’une diminution des salaires », développe le jeune directeur de l’association.
Trois salariés licenciés
Lundi 18 mars, en plus de la cessation de paiement, l’association annonçait le licenciement de trois assistants administratifs. Cette décision a immédiatement été contestée par la CGT, syndicat auquel sont affiliés deux des trois salariés concernés par cette mesure. Il organisait, dans l’après-midi même, une manifestation de soutien aux employés de Sabine, devant son siège social de la rue Bonnivet.
« Cette décision n’a pas été facile à prendre. Mais, sur les huit encadrants que compte l’association, nous avons fait le choix de préserver les emplois des encadrants techniques car nous voulons développer la productivité du site. »
Le directeur pense à développer l’offre des vélos mis à la vente et développer le vélo à assistance électrique, « ce qui permettrait l’accès de nos bénéficiaires du RSA à des formations diplômantes », rassure Alexis Deck. D’ores et déjà, le rythme des ateliers d’autoréparation de vélos s’intensifie : ils sont désormais proposés une fois par semaine, le lundi, de 18h à 19h30.
« Nous voulons sauver Mob’Emploi »
L’urgence à l’économie, l’association veut aussi se séparer de son antenne, Mob’Emploi, un service de location de scooter au public en réinsertion sociale. « En faisant ce choix, nous voulons sauver l’activité de Mob’Emploi », insiste Alexis Deck. Des négociations sont en cours avec la mairie car l’idée est de confier cette antenne, implantée dans le quartier de l’Eure, à une autre structure associative.
L’association entend aussi diminuer la charge de ses dépenses courantes. Toutes ces mesures réunies, Sabine pourrait réduire ses dépenses de 105 000 euros.
« Il faut vraiment réussir à franchir cette passe difficile, pour, au meilleur des cas, repartir sur de bonnes bases, dès 2014 . »
« Sabine, un partenaire historique »
L’association espère aussi avoir le soutien de la mairie pour relever le défi. Contacté sur le sujet, Luc Lemonnier, l’adjoint au maire en charge du dossier, est sensible à « Sabine, un partenaire historique. »
L’adjoint en charge des espaces publics juge cependant trop prématuré d’annoncer sous quelle forme la Ville pourrait aider l’association.
« Nous laissons au conseil d’administration de l’association le temps de bien analyser la situation et lui permettre de poser des pistes de réflexion pour agir. » Luc Lemonnier se veut néanmoins confiant :
« si l’association est en cessation de paiement, son exploitation est viable. Elle a des projets comme la création de la vélo-école qui peuvent lui assurer un avenir. »
D’autres rencontres sont prévues entre l’association et la municipalité.
Sabine organise, elle, une assemblée générale extraordinaire, samedi 23 mars, salle Pierre Cassin, rue Anatole France, au Havre, de 14 à 17 heures.