LNPN : RFF juge prioritaires les sections Paris-Mantes et Rouen-Saint-Sever-Yvetot

(fil-fax 14/05/13)

Une étude sur l’optimisation de la Ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN) commandée à Réseau Ferré de France (RFF) par le ministre des Transports et rendue publique lundi 13 mai lors de la Conférence des exécutifs bas-normands, préconise une réalisation de l’infrastructure en deux phases, « intermédiaire » à l’échéance 2025 et « cible » à l’horizon 2030. La première reviendrait à réaliser les doublements de la section entre Paris et Mantes-la-Jolie, le contournement dit “court“ de Mantes, une nouvelle ligne vers Evreux (sur 15 km), la nouvelle gare de Rouen – Saint-Sever, le passage sous-fluvial de la Seine et une ligne nouvelle jusqu’à Yvetot (34 km). Il en coûterait 5,3 milliards d’euros (Md€) pour des temps de parcours ramenés à 1h42 entre Le Havre et Paris (au lieu de 2h10), à 1h03 entre Rouen et Paris (1h14), à 1h31 entre Caen et Paris (1h50).

Le « phasage intermédiaire » veut donc apparaître comme le plus crédible dans la mesure où il combine « les contraintes budgétaires » en fonction des objectifs « les plus prioritaires », indique l’étude de RFF. Il s’agit des « sections Paris – Mantes et Rouen – Yvetot (dont la gare Saint-Sever) pour assurer la désaturation de ces axes et permettre à la fois d’améliorer la régularité et de développer les trains du quotidien ».

Evaluée à 8 Md€, la phase “cible“ permettrait de gagner entre 10 et 15 mn supplémentaires sur les différents temps de parcours par la réalisation d’une ligne nouvelle entre Evreux, Rouen et Bernay, ce qui créerait une relation directe entre Rouen et Evreux et réduirait substantiellement le temps de parcours entre Rouen et Caen à une heure au lieu de plus d’une heure et trente minutes. Une troisième phase dite « projet complet » représenterait un investissement de l’ordre de 11 Md€ pour un nouveau gain de temps de l’ordre de 5 à 10 mn sur les différents parcours. Le gros morceau serait la réalisation d’un contournement long de Mantes-la-Jolie et la modernisation des extrémités de ligne (Yvetot – Le Havre, Bernay – Caen- Cherbourg). Son échéance serait alors au-delà de 2030.

En ce qui concerne le fret, l’étude de RFF considère que « l’itinéraire alternatif » du contournement de Rouen par Motteville, Serqueux et Gisors en cours de modernisation, « constitue la principale réponse » aux nouveaux besoins de desserte des ports, et notamment du Havre.

Cet échéancier correspond aux voeux du président PS du conseil régional de Haute-Normandie, Alain Le Vern, qui a toujours estimé irréaliste une réalisation globale du projet en raison de son coût total. Après le Débat public de 2011 puis la décision de RFF de poursuivre le projet en avril 2012, le nouveau gouvernement a demandé à une commission dite Mobilité 21, présidée par le maire (PS) de Caen, Philippe Duron, de hiérarchiser la totalité des projets ferroviaires métropolitains annoncés par le précédent gouvernement pour un montant estimé à 470 Md€, dont celui de LNPN qui ne figurait qu’au 15ème ou 16ème rang. L’enjeu est donc de « remonter la LNPN sur le haut de la pile » de la Commission Duron qui doit se prononcer dans le courant de l’été. Il fallait donc lui fournir des arguments solides que le ministre des Transports a demandé à RFF de bien préciser.

• Le document complet de RFF est sur www.filfax.com/sitev2/images/lnpnlight.pdf 

Un phasage rend le projet « réaliste », selon Laurent Beauvais 

L’étude de RFF « démontre que par un phasage à différents horizons (2025 et 2030) ce projet est réaliste » a indiqué lundi Laurent Beauvais, président (PS) du conseil régional de Basse-Normandie à l’issue de la Conférence des exécutifs bas-normands, instance de concertation qu’il préside, rassemblant les présidents des conseils généraux du Calvados, de la Manche et de l’Orne et des agglomérations d’Alençon, Caen-la-Mer, Cherbourg, Flers et Saint-Loise. La conférence des exécutifs a également convenu de mettre en place un groupe de travail « très proactif », insiste Laurent Beauvais, sur le ferroviaire, les Energies Marines Renouvelables, la recherche et l’innovation qui seront « au cœur » du prochain colloque de l’Axe Seine qui se tiendra à Caen en novembre prochain. Les trois précédents colloques s’étaient déroulés au Havre, à Rouen et à Paris.

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