(fil-fax 24/05/13)
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a salué jeudi à Evreux, lors d’une visite au commissariat de la ville puis au conseil général de l’Eure, « l’expérience » conduite dans le département dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Accompagné de sa ministre aux Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, M. Ayrault a appelé à cette occasion à « une mobilisation de tous les acteurs, dont la justice, pour accompagner les victimes ». Il a rencontré et s’est entretenu avec deux d’entre-elles, au commissariat d’Evreux, pour écouter leur témoignage. Il a annoncé que la lutte contre les violences faites aux femmes sera inscrite dans le projet de loi sur l’Egalité que le gouvernement examinera en Conseil des ministres au début du mois de juillet.
Mme Vallaud-Belkacem, tout en se déclarant « optimiste au vu de la mobilisation rencontrée à Evreux », a insisté sur la nécessité d’une réponse pénale. « Ce n’est pas parce que les violences sont commises dans l’intimité qu’elles doivent se solder dans l’impunité », a-t-elle déclaré en soulignant qu’il était impératif qu’une femme qui déclenche une alerte puisse trouver immédiatement une solution.
« A notre échelle, nous tentons ici de développer des démarches innovantes, parfois exemplaires », a expliqué le président socialiste du conseil général Jean Louis Destans, député, ajoutant qu’il veillait toujours « à nouer avec l’Etat un partenariat de qualité, dans le respect des compétences et du rôle de chacun ». L’Eure avait été le premier département autorisé à expérimenter la mise en place du Revenu de Solidarité Active en 2005, avant qu’il ne soit généralisé par Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy.
L’Eure a bien l’intention de continuer. Après la signature du protocole départemental de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes, le Département va expérimenter les téléphones d’alerte pour les femmes en très grand danger. Jean Louis Destans a annoncé sa volonté de mettre en place, à titre expérimental, la « garantie jeune » proposée par le Gouvernement, permettant de travailler sur l’insertion dans l’emploi des publics jeunes les plus en difficulté, en leur apportant un soutien direct, équivalent au RSA, en contrepartie d’un accompagnement exigeant et personnalisé.
Pendant la visite du Premier ministre, une trentaine de personnes opposées au Mariage pour tous ont manifesté, maintenues à bonne distance, scandant entre autre slogan : « Ayrault, ta mère, elle s’appelle pas Robert ».
Le téléphone portable d’alerte géolocalisable
Avant une probable généralisation à l’ensemble du territoire, souhaitée par la ministre des Droits des femmes, l’Eure va expérimenter, d’ici le mois de septembre, le téléphone portable d’alerte géolocalisé pour des femmes en très grand danger. Il permet d’entrer en relation, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec un opérateur d’une plateforme téléphonique spécifique, capable en très peu de temps de donner l’alerte auprès des services de police ou de gendarmerie. Ce dispositif est déjà testé. Dans l’Eure, il sera doublé d’un inédit système de géolocalisation permettant d’accroître son efficacité.
Ce projet a été élaboré en partenariat entre l’Etat, le Parquet, Mondial Assistance chargé de la plateforme d’accueil téléphonique et France Télécom.
L’expérimentation sera lancée en septembre. Les téléphones portables d’alerte sont financés par l’Etat et le Département, mis à disposition d’une association qui en assurera le portage. Il reviendra à la Justice et en particulier au Procureur de la République d’Evreux, d’identifier, avec les services sociaux, les bénéficiaires de ce dispositif qui devront être volontaires. Selon les résultats de l’expérimentation, ce dispositif pourrait être rapidement étendu à l’ensemble du territoire national.
