Ce n’est pas faire injure à la mémoire des soldats morts sur la terre normande pour nous libérer que d’évoquer, avec piété, la souffrance des populations normandes sous les bombes voire la souffrance que cette population, aussi héroïque et stoïque que les soldats qui obligent au silence dans les cimetières, a subi dans sa chair du fait des exactions de la soldatesque… Car quelque soit l’époque ou la guerre, la soldatesque reste la soldatesque.
Le devoir de mémoire n’est donc pas un devoir d’oubli devant une mémoire officielle: il ne doit pas y avoir de limites à la vérité, à la piété et, par conséquent, au pardon parce que la Vérité doit précéder la Justice et le Pardon
1944 : viols et crimes, le dossier noir des soldats américains en Normandie
Les Américains ont été nos libérateurs en 1944. Mais il y a aussi une face sombre au débarquement des soldats US en Normandie : certains ont commis des exactions et même des crimes.
- LQ
- Publié le 15/09/2013 | 12:06, mis à jour le 15/09/2013 | 16:15

Des pillages, des exactions et des crimes, dont on trouve les traces dans un dossier des archives départementales de la Manche.
On découvre dans ce dossier que les soldats américains ne se sont pas tous comportés de façon exemplaire.
Le plus souvent, c’était l’alcool qui était à l’origine des actes répréhensibles commis par les soldats envers la population. Mais aussi les sollicitations de ces soldats envers les femmes, qui dans certains cas étaient de véritables agressions sexuelles.
La loi du silence
Pour les gens qui ont étudié les archives, il est très difficile de quantifier ces exactions et ces crimes. Selon un historien criminologue qui a épluché les dossiers, plus de 3600 viols auraient été commis en France entre juin 1944 et juin 1945.
Les enquêtes, souvent, n’ont pas abouti. Les femmes violées n’osaient pas toujours porter plainte pour éviter l’opprobe dans leurs villages. C’est la loi du silence qui s’imposait.
L’armée américaine a réagi et fait passer les soldats coupables de crimes devant des tribunaux militaires. Certains ont été condamnés à mort et exécutés.
Voir le dossier de Pauline Latrouitte et Patrick Mertz (ITW : Alain Talon, Directeur adjoint du patrimoine culturel au Conseil général de la Manche, Stéphane Lamache historien et responsable scientifique du Musée Airbone à Sainte-Mère-Eglise, Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial de Caen)
La France présentée comme un pays « peuplé de femmes insatiables » par la propagande de l’armée
Une historienne américaine, Mary Louise Roberts, s’est elle aussi intéressée au souvenir peu glorieux laissé par les soldats américains en Europe, dans son ouvrage « What soldiers do: Sex and the American GI in World War II », publié en juin 2013.
Comme l’explique le journal « La libre Belgique », qui a consacré un article à cet ouvrage, les GI’s n’ont pas laissé que de bons souvenirs en Normandie. « Selon des documents collectés par Mary Louise Roberts, le maire du Havre ne savait plus quoi faire avec tous ces GI’s qui se baladaient ivres dans la rue, provoquaient des accidents avec leurs jeeps et commettaient des agressions sexuelles sur les Françaises. De nombreux cas sont aussi recensés à Reims, Cherbourg, Brest, Caen… soit les principales agglomérations où les GI’s étaient stationnés« , écrit la Libre Belgique.
Comment expliquer cette attitude des soldats américains ? Sans doute par l’image de la France que l’armée américaine avait choisi de donner à ses soldats à travers des documents de propagande : « En s’appuyant sur des archives françaises et américaines, l’historienne a fait un constat étonnant : la campagne militaire européenne n’avait pas été présentée aux jeunes recrues comme une bataille pour la liberté mais bien… comme » une aventure érotique dans un pays peuplé de femmes insatiables « , selon une formule du « New York Times » qui a consacré un article à l’ouvrage« , explique la Libre Belgique.
