Série Municipales / À six mois du scrutin : À Rouen, Yvon Robert se prépare à affronter des écologistes déterminés et une droite désorganisée

(fil-fax 02/10/13)

Le socialiste Yvon Robert va mener campagne à Rouen en mars prochain pour la quatrième fois. Redevenu maire en juillet 2012 après l’accession au gouvernement de Valérie Fourneyron, celui qui a déjà dirigé la ville de 1995 à 2001, aura pour mission de garder la capitale normande à la gauche et au PS. A la seule lecture des résultats électoraux, la tache semble aisée. Depuis 2004, le PS a tout raflé : le siège de député et six cantons sur sept. En 2008, la victoire du PS associé aux communistes et aux écologistes, fut écrasante : 57,7% des voix contre 38,1% au maire sortant centriste, Pierre Albertini.
La pointe d’inquiétude des socialistes rouennais vient de leur expérience. Yvon Robert, passionné par ses dossiers parfois jusqu’à l’excès, traîne avec lui l’image de la rigidité qui a contribué à la défaite de la gauche en 2001. Les querelles avec les Verts et la campagne décomplexée de Pierre Albertini, avaient renvoyé la ville vers son centre.
En mars, Yvon Robert retrouvera sur sa route une liste Citoyenne et Ecolo conduite par Jean-Michel Bérégovoy (EELV). Aujourd’hui simple conseiller municipal, ce dernier a été adjoint au maire pendant la première partie du mandat mais a abandonné ses délégations en 2011 en compagnie d’autres adjoints écologistes, en raison de différends sévères avec Valérie Fourneyron.
Yvon Robert a bien tenté de rétablir un dialogue rompu, mais la stratégie d’autonomie d’EELV pour 2014 était arrêtée. Du côté du Front de gauche, l’incertitude reste de mise. Un accord du PCF avec le PS est hautement probable. Mais les autres composantes (Parti de gauche, République et socialisme…) pourraient s’allier avec le NPA qui vient de les appeler à constituer une liste des opposants de gauche au gouvernement.
A droite, le meilleur atout est de croire à la déconfiture du PS dans un contexte national difficile. L’UMP comme la nouvelle UDI ne disposent ni de forces militantes aguerries ni de stratégie de conquête du pouvoir. La pugnace sénatrice UDI Catherine Morin-Desailly qui fut adjointe à la Culture entre 2001 et 2008, a dû renoncer pour des raisons de santé. Les centristes ont désigné Patrick Chabert comme chef de file, mais sans mandat local, cet ancien bâtonnier du barreau de Rouen, n’a pas plus de légitimité à fédérer la droite que Jean-François Bures, désigné par une UMP qui profiterait bien de ce scrutin pour mesurer ses forces au sein de l’opposition à Rouen. Cette faiblesse structurelle des formations de la droite à Rouen pourrait bien profiter au FN. Emmené par Guillaume Penelle, il a, un moment, espéré que Catherine Morin-Desailly phagocyte l’UMP dont les électeurs se seraient alors tournés vers lui.
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