En février 2010, Télérama s’était fait l’écho de « la France moche » et de ses boîtes à chaussures qui défigureraient nos entrées de ville. Et pourtant, cette problématique ne peut s’affranchir d’une vision globale de la ville portée sur le long terme. Depuis près de dix ans, le phénomène interpelle les professionnels de l’urbanisme, les pouvoirs locaux et les habitants. Souvent décriées, parfois présentées comme un avant-goût de la ville de demain, elles ne laissent jamais indifférent.
Un colloque restituant les travaux menés dans le cadre du concours national des entrées de ville et de reconquête des franges urbaines sera organisé au Sénat le lundi 28 octobre prochain en présence notamment de Pierre Jarlier, président de la commission urbanisme de l’AMF et membre du jury. Lancé en 2000 par la Ligue urbaine et rurale (LUR), rejointe par la fédération Patrimoine-Environnement, ce concours a pour objet de récompenser des collectivités territoriales ayant réalisé des opérations exemplaires en matière d’entrées de ville et de reconquêtes innovantes de franges urbaines.
Un colloque qui a pour objectif de diffuser plus largement les bonnes pratiques en la matière et de sensibiliser un public large à la transformation de ces franges urbaines et à l’incidence de leurs évolutions sur les paysages, à travers la promotion des projets lauréats et l’échange d’expériences autour de ces réalisations exemplaires. Les projets lauréats seront présentés au cours du colloque.
A Rouen, l’Agglomération s’est doté dès 1996, de la compétence sur les Entrées et Traversées d’agglomération en y associant l’ensemble des partenaires concernés, nos différentes communes, la Région, le Département, les administrations de l’Etat (DDE, DIREN, DRE, DRAC, Services des Bâtiments de France, ONF), le Port Autonome, les Voies Navigables, la CCI, EDF, GDF, SNCF, France Télécom, les syndicats d’électricité, les syndicats d’assainissement, le CAUE … 1996, et déjà une dégradation des entrées de ville pointée du doigt au niveau national qui perdure encore :
– au niveau des voies routières d’abord traversant des espaces souvent dégradés voire abandonnés, déqualifiés par la surabondance de l’affichage publicitaire, la présence de délaissés urbains le long des axes, la juxtaposition brutale d’ activités commerciales.
– aux niveaux piétonnier et cycliste, souvent à la recherche d’un cheminement adapté et sécurisé, permettant d’accéder aux forêts avoisinnantes, espaces de loisirs privilégiés.
– au niveau de la Seine, à la fois axe économique et touristique, permettant également d’entrer au cœur de l’agglomération, mais à travers des espaces trop souvent déqualifiés et déqualifiants. L’image du Terminal Croisière, ou du port de plaisance en sont des exemples patents.
– au niveau de l’agglomération au travers du ferroviaire : un flux non négligeable sachant que 12 600 voyageurs par jour sont concernés par l’entrée sud de l’agglomération, de Oissel à Rouen, qui offre un vis-à-vis important sur le boulevard industriel et plus de 6 000 voyageurs par l’entrée ouest, de Malaunay à Rouen.
Dès lors que l’on entend revendiquer le titre de capitale régionale, l’ambition passe aussi par une requalification de ces espaces pour marquer les esprits. L’occasion de rappeler qu’à Rouen presque rien n’a été fait sur notre espace communal malgré la présence d’un vice président à l’agglomération en charge du sujet, en la personne de François Zimeray. Des éléments aisément vérifiables ne serait ce qu’au niveau du carrefour de la Motte, à l’arrivée de la Sud III, de la Place Saint Paul en venant du Val d’Eauplet, à la limite des quartiers Ouest (si on exclue évidemment le Kinderland local), ou à la limite nord de la commune.