(fil-fax 30/11/13)
Areva a pris tout le monde de surprise. Quelques minutes après la clôture, ce vendredi à 14H00, des appels d’offres pour les champs éoliens marins au large du Tréport et de Noirmoutier, le géant du nucléaire a annoncé qu’il sera en mesure de concourir avec une éolienne de 8 megawatt (MW). Du jamais vu. Cet engin apporte une valeur ajoutée substantielle à l’offre déposée par son allié GDF-Suez associé à Neoen Marine et au Portugais EDP Renovaeis. Il surpasse largement l’éolienne marine actuelle d’Areva, la M5000 dont la puissance plafonne à 5 MW. L’avantage principal de la nouvelle génération est de permettre de réduire de 40% le nombre d’éoliennes sur un champ tout en conservant la même puissance. Mais, selon Areva, elle autorise aussi l’aménagement de couloirs de passage pour les pêcheurs, une réduction de la surface impactée et une baisse des coûts de construction du parc.
En face, Alstom, fournisseur de l’autre candidat, EDF associé à l’Allemand WPD Offshore, s’aligne dans la bataille avec son éolienne Haliade 150 dont la puissance atteint les 6 MW. Cet engin d’une taille déjà très respectable (170 mètres de haut) effectue actuellement des essais en mer au large de la Belgique. Avec cette éolienne et son propre projet industriel EDF compte confirmer ses succès enregistrés lors du premier appel d’offres qui lui avaient permis de remporter trois des quatre champs proposés. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui a reçu les deux offres dispose maintenant de quatre mois pour faire ses recommandations au gouvernement qui devrait trancher au premier semestre 2014.
Le projet d’Areva s’appuie sur sa future implantation annoncée au Havre pour assembler des éoliennes au bord du quai Joannès-Couvert. « L’attribution des deux champs du Tréport et des îles d’Yeu et de Noirmoutier donnera tout son sens à ce projet industriel d’envergure pour notre pays», a assuré ce vendredi Luc Oursel, le PDG d’Areva. Il a précisé que seront implantées dans ce port pas moins de quatre usines pour fabriquer les nacelles, les pales, les roulements, les multiplicateurs et les génératrices. Il a confirmé que la construction des mâts sera répartie entre les sites de Fouré Lagadec au Havre et de CMP à Dunkerque. Il a annoncé enfin la construction d’un centre de recherches dédié « sur l’Axe Seine » qui viendra « renforcer toutes les collaborations déjà lancées par le groupement ». Pour ce dernier comme pour celui d’EDF, les investissements projetés se justifient aussi dans la perspective de marchés à l’export en particulier au large des îles britanniques.
Dominique Aubin