En adhérant à l’Association des communes pour un contournement Est soutenable, la Ville entend défendre les intérêts des Stéphanais sur un plan environnemental et économique. Loin de se résigner à la décision prise par la Commission nationale de débat public (CNDP), le 6 novembre dernier, de clore les échanges sur le contournement Est de l’agglo de Rouen, 16 maires dont Hubert Wulfranc, le maire de Saint-Étienne-du-Rouvray, se sont regroupés pour faire entendre leurs voix. "L’Association des communes pour un contournement Est soutenable (Acces) a vocation à mener la discussion à son terme afin de trouver un tracé qui cause le moins de nuisances possible aux riverains", explique Alain Roussel, maire des Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen et président de l’Acces.
Les enjeux liés à cette liaison autoroutière entre l’A28 et l’A13 sont effectivement multiples et lourds de conséquences, y compris d’un point de vue économique. "Le tracé de référence, daté d’octobre 2012, condamne potentiellement 200 hectares de terres agricoles et menace même des emplois dans la zone Seine Sud."
Thierry Foucaud, sénateur-maire de Oissel, confirme dans ses propos rapportés à l’occasion du dernier conseil municipal que le contournement Est constitue pour lui une "question fondamentale" qui risque de "perturber la vie des Osseliens et l’aménagement du territoire de la ville puisqu’il passera par notre zone industrielle".
De son côté, Hubert Wulfranc ne masque pas non plus ses inquiétudes par rapport aux multiples incertitudes liées à ce projet et en premier lieu au flou concernant le détail du tracé. "Nous avançons dans ce dossier dans une opacité totale. Dès lors, il paraît légitime que nous alertions les représentants de l’État sur le fait que cet axe routier, raccordé aux abords du rond-point des Vaches, puisse porter atteinte à la fois aux intérêts de la population et à l’environnement. Il est question ici de pollution, de santé publique et de maîtrise des flux de circulation. En outre, cette liaison avec l’A13 risque également de rompre le lien physique entre Oissel et Saint-Étienne-du-Rouvray, deux villes importantes de l’agglomération."
Dans ce registre, toutes les communes impactées par le contournement ne seraient donc pas logées à la même enseigne. Et le maire d’ajouter, "le territoire de la rive gauche n’a pas vocation à récupérer tous les effets négatifs d’une liaison qui pourrait effectivement résoudre les problèmes de circulation dans le centre-ville de Rouen. Pour que le projet soit viable, il se doit de répondre aux attentes de chacune des parties".
Dans ce contexte, des voix de Stéphanais se font aussi entendre qui expriment des craintes concernant la situation actuelle aux abords du secteur de la Chapelle. À l’écoute de cette préoccupation, Hubert Wulfranc rappelle sa détermination à s’engager "dans un processus de résistance sur le long terme". Et Alain Roussel de conclure : "Nous ne sommes pas dans l’opposition systématique mais nous refusons le passage en force. C’est pourquoi, réunis en association, nous ferons en sorte que le débat soit maintenu et que notre parole soit entendue."