L’exhibitionniste médical et matrimonial de l’Agité de la Lanterne ne parvient plus à cacher le fonds de commerce du régime : laisser faire les licenciements, les agressions contre l’emploi, industriel en particulier. Papeterie Etienne, Malaucène, Matussière et Forest Voiron, Tembec, imprimeries Mame, Jouve, Bussière, Hélio Corbeil, Nouvelle République (quotidien du centre-ouest), etc. L’été est meurtrier. Le naufrage organisé de « Pôle Emploi », sa cession scandaleuse aux négriers de l’Interim et aux boîtes organisées pour faire du fric sur le reclasement des chômeurs montre dans quelle haute considération le régime tient les salariés. Le Travail paie pour la Banque, voilà leur mot d’ordre. Les congés sont un droit conquis par les salariés du Front populaire. Ce droit, nous devons l’exercer. Pour mieux préparer des échéances qui se situent en août : Malaucène et Nouvelle République. Il n’y aura pas de rentrée, parce qu’il n’y a pas de sortie.
Papier – Carton – cellulose
Rendez-vous
mercredi 26 août
11 heures à Malaucène
Mondialisation, crise économique, chaque fois c’est l’emploi qui paie… Assez ! La Filpac CGT et les syndicats de la filière papetière appellent à la coordination des luttes et des actions pour l’emploi ! Les dégâts de la mondialisation
La filière industrielle papetière est affectée, avant la crise, par les effets de la mondialisation libérale : baisse du niveau de production en France par arrêt de machines, concentration, fusion-absorption, fermeture d’entreprises, délocalisation de productions dans des zones à bas coût de main d’oeuvre et porteuses de marchés (Chine, Amérique latine, pays de l’Est) standardisation de la production, donc abandon de productions de niche et de productions historiques, gel de la recherche-développement,etc.
La crise ? L’occasion fait le larron
A cette mondialisation en échec financier et industriel, s’ajoute la crise de l’économie mondiale, du fait de la spéculation financière. Et c’est aux salariés de l’industrie en particulier que le système présente la note : les capitalistes font de la baisse du coût de la masse salariale la seule perspective immédiate de leur horizon. Du coup, le nombre de fermetures et de plans de licenciement atteint des proportions inédites. Si la « crise » évoquée par tous les patrons existe bien, de leur fait – nous n’en sommes nullem ent responsables – celle-ci provoque des effets d’aubaine : l’occasion fait le larron ! Comme un bateau pétrolier dégaze au coeur de la tempête pour nettoyer ses cuves et économiser l’opération portuaire de nettoyage, les patrons des groupes utilisent l’effet crise pour réduire la masse salariale et réorganiser dans leur logique de profit, sans que la crise ne les affecte. A l’inverse, dans la crise, l’écologie à la mode pourrait la promotion et la production de produits papetiers biodégradables issus d’une industrie en équilibre écologique avec l’eau, la forêt et le retraitement d’emballages et de papiers ayant servi une première fois. Mais tous les groupes se sentent concernés par la bonne aubaine de la crise : papeteries, cartonneries et l’emballage.
Papier, carton, cellulose, emballage : pire que le virus H1N1 !
Sans faire un inventaire exhaustif, dans le papier Otor, IP, Saica, Smurfit, Arjo, Tembec, Schweitzer De Mauduit, UPM, dans le carton ou l’emballage Mead, Smurfit, SCA, Amcor, GPV… subissent chômage partiel, plans de licenciement (souvent les deux), ou pire des fermetures pures et simples d’usines entières.
bien sur, l’intelligence collective portée par les salariés et leurs syndicats Filpac CGT portent des projets de reprise ou des projets alternatifs qui voient le jour. Ces projets sont presque toujours innovants, porteurs d’avenir tant en terme de développement durable que de création d’emploi. Mais souvent, à part des exceptions notables comme Matussière et Forest Turckheim et Voiron, malgré une mobilisation de tous les salariés, et des pouvoirs politiques locaux et pouvoirs publics qui déclarent se sentir concernés, ceux-ci n’aboutissent pas. Pas par manque de motivation, mais par un obstacle majeur : certes les investisseurs en ces temps de crise bancaire et financière, sont frileux. La plupart du temps, nos camarades reviennent bredouilles de la chasse au repreneur. En effet, le pouvoir patronal central et le pouvoir politique national voient d’un très mauvais oeil que la créativité ouvrière alliée à un savoir technique de haut niveau ne débouche sur une initiative industrielle qui permette le redémarrage de l’entreprise et joue le rôle d’exemple. Force pour eux doit rester à la classe patronale.
L’amertume pour seul bagage…
D’où l’amertume une fois le plan social appliqué, des salariés qui se retrouvent seuls, et qui ont fait l’expérience du manque total de protection légale de leur emploi, de leur contrat de travail. Ils sont réduits au déclassement, eux naguère si fiers de leur savoir-faire, de leur compétence, de leur connaissance parfaite du procédé industriel. Ce gâchis est d’autant plus énorme que la plupart du temps la bagarre se réduit à la prime à la valise : combien pour partir ? Et ceux qui sont passés par là savent que la somme obtenue dure peu, mais que le chômage, lui, dure longtemps.
Que propose l’organisation syndicale CGT dans la filière papetière ?
La pérennisation des emplois dans nos industries est le point le plus important de notre démarche. Mais il faut en finir avec la course à l’échalote : la prime « extralégale » ne doit plus être le seul horizon desperado des actions. Cette dynamique infernale est une négation de l’action collective. Elle relève du sauve qui peut plus que du rassemblement des salariés contre la mesure de licenciement qui les frappe. Si chacun peut comprendre le réflexe humain d’obtenir le montant le plus important possible d’une prime de départ, il nous faut, en tant que syndicat CGT, offrir une orientation alternative, collective à ce réflexe dicté par une peur bien compréhensible du lendemain. Mais la prime de départ est un déjeuner de soleil ! Elle exprime de façon évidente qu’une fois annoncée la fermeture, une fois prononcés les licenciements, la loi sociale, celle qui devrait protéger le contrat de travail, n’existe pas.
Dès lors il faut dès cette rentrée en tirer les conclusions suivantes :
1. Les organisations CGT dans la filière papetière doivent unifier leurs efforts autour d’une revendication commune, relevant du problème principal, la protection du contrat de travail contre les licenciements et le chômage partiel.
Aucun salarié ne doit perdre son emploi. Il faut instaurer la continuité du contrat de travail pour tous en cas de licenciement et ou de fermeture d’usine tant que le salarié n’aura pas retrouvé un travail équivalent et sûr. Les organisations CGT dans la filière papetière, une fois, unies derrière cet objectif revendicatif, celui de construire dans la branche, en y contraignant la Copacel, une sécurité sociale de l’emploi, doivent se mobiliser comme un seul homme autour des entreprises touchées, les réunir et les entourer d’une solidarité active. Ce qui reste à construire, ce qui peut et doit être construit, mais ce qui est devant nous. Cette construction revendicative passe par la mise en place d’une GPEC de branche, qui débouche sur les efforts de formation professionnelle, de requalification.
2. Rendez-vous le 26 août, à 11 heures, à Malaucène ! Les syndicats de la Filpac CGT doivent tous contribuer à coordonner les actions des boîtes en lutte.
Il s’agit bien de jonctions, de réunions, de rassemblements, de coordinations CGT. C’est à la CGT de le faire, c’est sa fonction, sa tâche, sa raison syndicale. Ce qui a été fait à Voiron est une première étape encourageante. Ces réunions doivent déboucher sur une coordination de l’action, de façon qu’aucune entreprise ne demeure isolée, de façon à cibler l’action vers le patronat de la Copacel et les pouvoirs publics nationaux. Un premier rendez-vous de cette démarche, après Voiron, c’est Malaucène, avant la date couperet du 1er septembre. Les entreprises frappées de fermeture, accompagnées des autres, doivent se réunir ce 26 août pour lancer la démarche nationale de défense de l’emploi, de conquête du droit de protection du contrat de travail. Pour ça, il nous faut construire le rapport de force nécessaire, construire la solidarité autour de cet objectif commun. Dès lors la Filpac CGT et ses syndicats se mettront en bon ordre d’action pour contrer le fléau des licenciements. C’est le seul remède à l’amertume, la démoralisation ou le sentiment d’impuissance !
Le compte à rebours est lancé : la rentrée se prépare dès maintenant parce qu’il n’y a pas de sortie ! Alors tous à Malaucène à 11 heures ce 26 août, première étape de la démarche revendicative pour l’emploi.