
Le PG de Seine-Maritime est particulièrement sensible à cette question du nucléaire, car deux centrales sont en activité sur notre littoral et on veut nous imposer l’EPR d’une manière tout aussi peu démocratique. On nous avait pourtant dit qu’une catastrophe comme celle qui vient de se produire au Japon, ne pouvait pas arriver… L’Allemagne a programmé une sortie du nucléaire, pourquoi pas nous ? Dans l’immédiat, nous exigeons que les investissements et les tâches liées à la sécurité soient à nouveau assurées par EDF qui doit revenir entièrement sous contrôle public et que le plus vite possible tous les efforts soient concentrés sur les économies d‘énergie et le développement des énergies renouvelables.
Depuis vendredi 11 mars, la situation des centrales japonaises est soit inquiétante, soit déjà catastrophique. « Cela ne peut pas arriver », ont répété à l’envi les politiques depuis des décennies. « Toutes les garanties de sécurité des installations sont données. »
Sauf que l’industrie nucléaire n’est pas tout à fait comme les autres. Face à la survenue d’accidents maximum comme ceux de Fukushima aujourd’hui et de Tchernobyl il y a 25 ans, les efforts humains déployés sont dérisoires. Il faut le dire franchement : une catastrophe nucléaire de cette ampleur ne peut pas être dominée. Les populations japonaises devront en subir les conséquences gravissimes pendant des centaines voire des milliers d’années.
Une catastrophe de cette ampleur ne peut être dominée
Devant l’aggravation des événements, les responsables français ont progressivement changé de discours, tout en continuant de dire que pareille catastrophe était quasiment impossible chez nous et que tout serait fait pour y veiller. Sauf que depuis de nombreuses années, EDF n’investit pas dans la sûreté nucléaire, les accidents se multiplient, les centrales vieillissent, les tâches d’entretien sont confiées en majorité à des sous-traitants et à des employés intérimaires, mal formés, mal payés, mal protégés.
Le gouvernement accuse les partis écologiques de faire de la récupération politique des souffrances subies par les Japonais. Cela est absurde, notre combat anti-nucléaire ne date pas de la semaine dernière. N’est-il pas en revanche indécent d’appeler tous les ressortissants français à quitter l’archipel nippon ou à s’installer dans le sud plus éloigné de la centrale ? N’est-ce pas le comble du mépris pour les populations japonaises acculées à devoir subir la peur et la catastrophe ?
Le nucléaire n’est pas une énergie d’avenir
Le Parti de Gauche exige que les tâches d’entretien des centrales nucléaires existantes reviennent dans le giron d’EDF qui doit elle-même redevenir une entreprise entièrement publique et que les investissements nécessaires pour assurer la sécurité maximale soient enfin programmés.
Par ailleurs, nous affirmons que l’électricité nucléaire n’est pas une énergie d’avenir, elle n’est pas renouvelable, son prix augmente régulièrement sans que les citoyens ne soient assurés de bénéficier de la sécurité maximale. Nous disons que ce sont les énergies renouvelables et les économies d’énergie qui doivent recevoir des encouragements à la recherche et à l’investissement, alors qu’aujourd’hui le nucléaire l’emporte sur toutes les énergies et solutions alternatives.
Les gouvernements qui se sont succédés depuis des décennies ont fait preuve du plus grand autisme. La démocratie en France s’est toujours arrêtée aux portes de l’industrie nucléaire. Nous exigeons que les demandes et les inquiétudes légitimes des citoyens soient enfin prises en considération. Suite à l’annonce que la catastrophe serait majeure au Japon, l’Allemagne, qui s’est engagée depuis de nombreuses années dans la sortie progressive du nucléaire, a annoncé que les centrales de plus de 30 ans seraient immédiatement arrêtées à titre préventif.
Programmer dès maintenant la sortie du nucléaire
En France, nous n’en pouvons plus du déni de démocratie. Il faut que la sortie du nucléaire soit programmée dès à présent, avant la catastrophe. Il faut que des débats pleinement démocratiques, que des consultations populaires sur l’avenir énergétique de la France soient organisés partout sur notre territoire ! Il faut un moratoire sur les centrales en construction.
Et aujourd’hui le gouvernement sort de son chapeau une solution énergétique miracle, les gaz de schiste, nouvelle catastrophe programmée, dont l’évidence dispense de toute explication compliquée (pollution des nappes phréatiques par des centaines de produits chimiques). Une vraie folie !
Non à la course effrénée après les énergies, alors que des gisements d’économies massives peuvent être trouvés immédiatement dans un changement de nos modes de vie. Non au nucléaire et aux énergies polluantes et dangereuses, alors que le potentiel des énergies renouvelables est colossal et qu’elles n’en sont encore, pour des raisons d’insuffisance d’incitations et d’investissements, qu’à leurs premiers balbutiements.
Vite la planification écologique !
Florent Bussy, secrétaire du Comité PG Dieppe-Littoral-Bray
Christian Gauthier, conseiller régional, porte-parole de la coordination départementale PG 76