Rouen, un bastion du PS, Le Havre, une grande ville détenue par l’UMP mais un ancien bastion PC. On en va jusqu’à oublier leurs maires ou bien même la ville au profit dudit parti qui dirigerait la ville.
A force de faire des municipales des enjeux nationaux, il ne fait pas s’étonner que nos villes françaises ne se développent pas. L’enjeu pour une ville est t-il d’être de gauche ou de droite ? Je ne pense pas. Les routes seront-elles mieux entretenues à gauche qu’à droite, les poubelles mieux ramassées à droite qu’à gauche ? Bien sûr il ne faut pas résumer l’action des maires à la voirie et aux déchets. Néanmoins ces quelques exemples visent à montrer qu’il vaut toujours mieux élire quelqu’un qui connait sa ville, qui a vécu sa ville et qui veut développer sa ville. Pourtant, ce que nous offrent souvent ces partis, ce sont des ambitieux à la recherche d’un poste à Paris… Alors l’avenir de leur ville doit rentrer dans le cadre de leur mandat qui dure six ans. C’est ainsi que les emprunts dit toxiques ont été contractés par des maires qui ont dépensé l’argent de leurs enfants en ne voyant qu’à six ans. Mais bien d’autres erreurs volontaires sont commises par ses ambitieux.
Je les appelle les ambitieux, mais il s’agit davantage d’un décalage d’ambition : l’ambition personnelle ne colle pas avec l’ambition pour leur ville, leur région ou leur pays car le temps personnel n’est pas le temps de l’histoire. Cela est d’autant plus vrai que l’Histoire a plus en plus de mal à s’écrire aujourd’hui alors que le court-termisme est la norme.
Revenons donc au sujet. J’ai horreur des gens qui se mêlent de choses qui ne les regarde pas d’autant plus qu’ils méconnaissent la chose. Les partis politiques ignorent l’histoire des villes de France (et des régions). Les partis politiques sont nationaux (ok) mais surtout centralisateurs :tout se joue à Paris. C’est ainsi que l’on aboutit au fameux « parachutage ». Le parachutage, c’est en général un parisien qui arrive en « province » même si ce parisien est originaire de la région dans laquelle il atterrit. Il y a aussi un phénomène de « fief », ce qui arrive en général suite à un parachutage réussi. Notre région est donc le fief de Laurent Fabius qui a réussi son atterrissage et s’est tranquillement implanté durant les dernières décennies installant « sa famille » aux divers postes de direction. Mais cela ne signifie en rien que le parachuté vive dans le territoire qu’il l’a élu. Au contraire, le parachuté revient en général vivre à Paris.
Certes Paris est peut-être la plus belle ville du monde, ce n’est pas pour autant que nos élus doivent oublier de rendre la leur plus belle.
Pour arrêter de vivre sous domination parisienne, il faut donc développer des partis locaux qui défendent réellement les enjeux de la région qui sous plus ou moins spécifiques. La France et donc sa capitale en sortiront grandit. Le temps du centralisme à outrance doit disparaitre. Et pour cela, il faut que les partis nationaux permettent en premier lieu aux régions et métropoles de définir elles-mêmes ceux qui les représentent. Ces pratiques de parachutage doivent donc cesser et les partis locaux (ou les antennes locales) doivent avoir la main sur les élections locales et législatives pour le choix des têtes de liste. La dictée parisienne doit être abolie.
Si Rouen a perdu son statut de métropole, les facteurs sont à la fois internes mais aussi externes subissant la domination parisienne. A ce titre, la proximité avec la capitale n’est pas un atout. L’émergence de la ville se fera grâce à un émancipation hors du joug parisien. Cela vaut également pour la Normandie.