Dans le dernier numéro du Nouvel Observateur, on peut trouver un cahier spécial intitulé : « Rouen et le Havre, le match ».
En réalité, comme le montre le dossier, Rouen et le Havre ne peuvent pas être comparées. Si on les oppose depuis tant d’années, c’est uniquement sur leurs points communs et non leur différences.
Ce dossier a le mérite de recenser les différences majeures entre les deux agglomérations normandes et nous montre ainsi qu’au regard de ces différences, il n’y a pas lieu de les opposer.
Aujourd’hui nous voyons naitre de plus en plus de projets communs entre les deux villes (cf billet précédent) et cela me rassure à double titre. D’abord, les coopérations mises en place permettront aux deux villes d’élargir leurs horizons, ensuite elles privilégierons un intérêt commun dans le cadre de l’axe Seine.
Les deux villes ont trop souffert de leurs rivalités réciproques qui n’a fait que les affaiblir, empêchant Rouen de devenir la « métropole normande » qui fait tant défaut cette région et empêchant Le Havre de s’affirmer comme la « métropole portuaire ». Leurs destins métropolitains sont donc aujourd’hui liés.
Si Rouen a les statistiques en sa faveur concernant la population ou les indicateurs sociaux comme l’indique le dossier du Nouvel Obs, la ville n’a pas su émerger comme une métropole à l’image de Nantes, Grenoble ou Strasbourg alors qu’elle en a le poids démographique.
Si le Havre avait devant lui un avenir portuaire tout tracé pour devenir le « 1er port européen », il a échoué laissant même Anvers lui ravir sa place au sein des port français.
Mais si l’on additionne Rouen et le Havre, on aboutit à une métropole d’un million d’habitant (addition des aires urbaines) et plus de 100 millions de tonnes de trafic portuaire. Dès lors, ces chiffres font figurer la « conurbation » parmi les premières places françaises.
Enfin il faut rappeler que le port du Havre a été développé par des Rouennais qui s’inquiétaient de l’enlisement du port de Rouen. Les deux villes ne sont donc pas historiquement opposées mais au contraire continues.
L’avenir de Rouen passe par le Havre et l’avenir du Havre passe par Rouen. En effet, leurs destins sont liés par l’avenir « noir » qui leur est tracé. Il faut refuser l’adversité et mutualiser les forces pour dessiner un avenir à l’image de la longue histoire de nos deux cités.