"Notre groupe partage l’essentiel des éléments de présentation budgétaire, à
savoir : La maîtrise des dépenses de fonctionnement, la maîtrise de la
dette, le maintien des taux d’imposition.
Tous ces éléments concourent à la bonne gestion financière de la ville.
C’est important lorsque la crise frappe toujours plus les plus fragiles de nos
concitoyens, de faire preuve de responsabilité quand on gère des dépenses
publiques.
Pour notre groupe, un certain nombre d’éléments de ce budget illustrent
clairement la vision écologiste de cette bonne gestion, qui tient compte de
manière équilibrée, des contraintes et des besoins, actuels et futurs.
Des projets importants pour les habitants vont pouvoir être financés, le
principal cette année restant celui de la reconstruction-
agrandissement du centre socio culturel, dont les orientations du
programme ont été coproduites avec les acteurs. Pas de sur-dimensionnement des
équipements, pas de cases vides à remplir : les équipements et services
qui seront mis à disposition des utilisateurs répondent aux besoins, pas aux
fantaisies des élus.
Pour anticiper les éventuels surcoûts des travaux et dans le souci de
limiter des dépenses d’investissements à celles du PPI (plan pluri-annuel
d’investissements) notre groupe a acté le fait de ralentir, cette année, la
progression du programme de rénovation énergétique des
bâtiments. Il faut aussi préciser que les travaux réalisés dans les 3
dernières années ont avancé à « marche forcée », tant il y avait à
faire pour rattraper le retard accumulé dans l’entretien du patrimoine
municipal.
Moins de travaux d’économies d’énergie ne veut pas dire qu’on réduira notre
effort de réduction des gaz à effet de serre ! car la capacité
d’agir ne se mesure pas seulement à l’alignement de zéro dans les budgets
d’investissement de la ville : la façon dont nous conduisons nos
services délégués est également, si ce n’est plus, importante : On l’a vu
pour la piscine eurocéane, on le verra cette année pour la concession
du chauffage urbain, les délégations de service public sont des
dossiers qu’il ne faut pas reléguer a de simples opérations de délégation,
assorties accessoirement d’un contrôle de gestion (ce qui n’était d’ailleurs
pas le cas lors de la mandature précédente, car il n’y avait aucun outil de
contrôle pour la DSP eurocéane).
Les DSP sont des outils au service du projet municipal, et doivent décliner
les orientations de la même façon : pour ces 2 dossiers, elles traduisent
une très forte ambition sur les économies d’énergie et l’emploi des énergies
renouvelables : les résultats de ces choix, devraient, des 2013, être
bénéfiques, à la fois pour l’environnement (avec la réduction des émissions de
CO2) et pour les finances de la ville car il n’y aura pas de rallonges
budgétaires à prévoir pour compenser les hausses inéluctables du prix de
l’énergie.
Les choix dans la gestion quotidienne des services sont également cruciaux,
même s’ils ne transparaissent pas de manière aussi lisible que les projets
d’investissements, dans la présentation budgétaire : Dans la gestion des
espaces verts et naturels : le choix des essences de plantations, la
conception des espaces entre ce qui sera végétalisé et ce qui ne le sera pas,
ont des conséquences sur l’entretien ultérieur de ces espaces (qui se
concrétisent au final soit par une hausse du budget d’entretien, soit par une
diminution de la qualité du service). A Mont Saint Aignan, nous refusons de
nous résoudre à ces solutions de facilité, pour cela, nous mettons en place
progressivement, une gestion « écologique des espaces
verts » par ailleurs bénéfique à la santé des habitants car nous
n’utilisons que de façon très ponctuelle, les produits chimiques pour désherber
les rues.
C’est la même logique pour l’entretien des bâtiments et de l’éclairage
public. Mais il reste des efforts à faire néanmoins dans la gestion des
déplacements motorisés des services, fort consommateurs en carburants (c’est
d’ailleurs pourquoi cette année, le plan de déplacement d’administration sera
relancé).
Au delà des travaux et services techniques, notre groupe reste très
vigilent sur plusieurs secteurs des services à la population. Nous
savons que les budgets alloués à la solidarité, à la jeunesse
devront être réexaminés, dans le cadre du travail mené sur le projet social,
éclairé par les constats du rapport d’analyse des besoins sociaux. Les tarifs
municipaux et les quotients familiaux sont un des leviers important de la
redistribution des richesses, mais ce ne sont pas les seuls : Le
soutien aux actions des associations doit pouvoir être
renforcé. Qu’elles interviennent dans des domaines d’activité aussi
divers que les jardins familiaux, la lecture, le sport, en passant par la
solidarité, toutes ces associations font vivre le lien social et sont utiles à
la ville. Ces pratiques associatives sont parfois le fil qui raccroche, le
souffle dans la journée difficile, et pour les centaines de bénévoles engagés,
la preuve que partager, même une chose aussi simple qu’une passion, c’est
s’ouvrir aux autres. Il nous faut être d’autant plus vigilants aux demandes
d’augmentation de subventions des associations qu’elles sont parfois le signe
d’un certain essoufflement des bénévoles… c’est ici que la démocratie
participative doit prendre le relais, par le lien, l’écoute et la réponse
adaptée aux besoins des associations, mais aussi l’anticipation des difficultés
qui peuvent surgir.
L’appui structuré aux projets de jeunes, au-delà du contrat
partenaire jeune aidé par la CAF est également notre préoccupation :
l’espace dédié aux adolescents, que nous avions portant indiqué dans notre
programme de municipalité n’est toujours pas encore engagé.
La culture reste également un sujet prioritaire, malgré la baisse du budget
de 11 000 euros cette année. La période du hors les murs, avec la
mutualisation des locaux, l’échange avec et entre les acteurs doit être
l’occasion de renforcer les actions qui donnent du sens : c’est pourquoi,
une nouvelle fois, nous regrettons que les budgets qui auraient pu être
consacrés à la poursuite du projet « via Marc Sangnier », aient été
finalement alloués à deux entreprises de communication… l’action culturelle,
c’est cultiver le terreau de la création artistique sous toutes ses formes, ce
n’est pas de la « com ».
Pour toutes ces raisons, avec ces nuances et précisions apportées, notre
groupe votera ce budget. "
Stéphanie Taleb-Tranchard