

Mercredi matin , Christine Poupin est venue apporter aux grévistes son soutien et celui du NPA

Après 3 jours de grève, les salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (Hôpital Psychiatrique de Rouen) ont décidé de suspendre leur mouvement. Certaines avancées ayant été obtenues.
Depuis le mois de décembre les actions se sont multipliées contre la « sur-occupation » des lits. L’Hôpital étant sans cesse saturé, les malades sont accueillis en nombre croissant dans des conditions indignes (lits dans les couloirs, les bureaux…).
Le 21 février, le personnel se met en grève reconductible, un barrage filtrant nombreux bloque l’ entrée de l’Hôpital, provoquant des embouteillages massifs autour de l’établissement.
Après une entrevue infructueuse à l’ARS le 22 février, le personnel organisé en comité de grève (syndiqués non syndiqués) soutenu par les deux syndicats CGT et CFDT décide de durcir son action en bloquant le service des entrées (UNACOR).
Ce durcissement provoque l’intervention du président du Conseil de Surveillance, affirmant son accord avec les revendications. Une négociation avec la direction permet alors de concrétiser des solutions immédiates par rapport à la « sur-occupation » (augmentation du nombre de places pour accueillir d’anciens patients dans une Maison d’Accueil Spécialisée, réouverture provisoire de 20 lits dans une unité désaffectée..)
Des perspectives sont ouvertes concernant l’hospitalisation des adolescents (élargissement de l’équipe mobile, perspective pour 2013 d’une unité de 10 lits pour adolescents).
7 places dans des appartements collectifs en ville seraient également créées.
Les grévistes ont souligné les limites de ces propositions qui ne résolvent pas les problèmes de fond. La crise de la sur-occupation des lits, est en effet la conséquence de l’abandon progressif du travail de prévention et de soins hors hôpital, mis en place au cours des 40 dernières années par la psychiatrie publique, dans le cadre des Centre Médico Psychologiques, des hôpitaux de jours, des équipes de soins travaillant à domicile…et sur ce terrain les négociations se sont heurtées à un mur.
De plus les engagements de la direction doivent être confirmés par l’ARS jusqu’alors totalement fermée à la discussion.
Rendez vous est donc pris pour le 13 mars où une nouvelle assemblée générale constatera ou non les avancées effectives et décidera des suites à donner à la mobilisation.
Cette expérience de lutte, débouchant sur des avancées, grace à des formes d’action radicales a permis de redonner confiance dans l’action collective, notamment pour de jeunes soignants dont c’était la première grève, et qui ont pu y trouver leur place grace à une organisation démocratique.
Un premier succès qui en appelle d’autres.