Emmanuelle Vo Dinh revient dans la ville de ses débuts artistiques (©Caroline Ablain).
Le Havre, une ville qu’Emmanuelle Vo Dinh connaît bien puisqu’entre 1993 et 1999, elle y fut l’une des interprètes de François Raffinot, alors directeur du centre national chorégraphique. « Le Havre, ce sont tous mes débuts artistiques, la ville où j’ai créé ma compagnie, celle où j’ai rencontré mon mari ». Cet ancrage fort explique à lui seul pourquoi la chorégraphe a répondu à l’appel à candidatures du Ministère de la Culture pour succéder à Hervé Robbe, au poste de directeur.
Phare, pharenheit
Elle est entrée dans ses nouvelles fonctions le 2 janvier dernier. Depuis, on pourrait dire déjà, les projets fourmillent. Le centre national dont la chorégraphe a connu toutes les transformations jusqu’à sa complète réhabilitation en 1999, évolue encore. Déjà, il a perdu son nom. Le CCNHHN est baptisé plus sobrement, Le Phare. « Un nom plus prosaïque qui manque peut-être d’originalité mais vers lequel nous sommes revenus car il incarne un lieu qui rayonne, qui guide. Il rassemble l’ensemble des idées que nous défendons. Et il est plus lisible ».
Un plus grand maillage
Le festival « Les Météores » se poursuit sous le nom de Pharenheit. Première édition en 2013, du 22 janvier au 3 février. « Météores était en mai. Nous préférons avancer la programmation du festival parce que l’époque est en meilleure adéquation avec la reprise des créations présentées, par les programmateurs ».
Sa particularité sera de donner à voir différentes expressions de la danse contemporaine, très vaste dans ses propositions. « Et ce festival prend une dimension régionale », se réjouit la chorégraphe, attachée à la circulation des artistes sur le territoire.
Donner en partage l’écriture chorégraphique passe aussi par des jumelages, notamment avec le collège Claude Bernard, un projet pilote à réfléchir avec un public de tout petits ou encore un travail sur le long terme avec les amateurs, « même ceux qui n’ont jamais pratiqué ». Emmanuel Vo Dinh pense décliner un travail déjà proposé avec succès à Rennes ou Metz, « Rainbow », sorte de cabaret chorégraphique qu’elle aimerait pouvoir mettre en scène, au Havre, dans la galerie des Docks Vauban.
« Le Phare veut aller à la rencontre de tous les publics ».
Et parce qu’il est centre national, il reste avant tout un lieu de création. Emmanuel Vo Dinh et ses danseurs s’y exprimeront tout comme des compagnies en résidence (c’est déjà le cas) que la directrice pourra accompagner financièrement et/ou logistiquement dans leur développement artistique. Le Phare est inauguré samedi 17 mars.
K.Lebrun
Le Phare, 30 rue des Briquetiers
Tel : 02 35 26 23 00