Ce midi je me suis rendu à Malaunay sur le site de Legrand Normandie. Il y a quelques semaines j’ai rencontré les représentants du personnel m’informant de la fermeture du site de Montville. Legrand Normandie comme je l’écrivais le 17 février dernier, ce sont 3 sites Malaunay, Montville et Fontaine le Bourg. Ce midi, un rassemblement des salariés de ces 3 sites était organisé, y sont venus aussi leurs collègues des autres entreprises du Groupe Legrand en France. J’ai retrouvé sur place Stéphane Deschamps le maire de Malaunay, entouré des élus municipaux de sa commune, mais aussi des élus d’autres communes comme par exemple Dominique Chauvel. Suite à ma rencontre avec les salariés, j’ai interpellé le ministre chargé de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique, sur la stratégie industrielle du groupe Legrand. Je me suis inquiété de l’objectif poursuivi visant à retrouver de la compétitivité pour développer des volumes en direction de l’Inde, du Brésil, de la Chine, de la Russie ou l’Indonésie. J’ai observé l’absence de visibilité à court terme de la stratégie du groupe pour le pôle normand. Ainsi, en 2007, Legrand Normandie avait déjà vu la fermeture du site de Brachy. Maintenant c’est le site de Montville. Les syndicats craignent que d’ici quatre ou cinq ans le site malaunaysien soit à son tour concerné, au regard de la faible valeur ajoutée des produits fabriqués sur ce site, et la concurrence des pays émergents sur les produits sortant de cette usine.
Le sentiment est grandissant de constater que le groupe Legrand vide petit à petit les sites seinomarins avec l’arrêt de certaines fabrications, sans apporter de nouveaux produits sur ces sites. La direction semble accompagner la fermeture de son usine de Montville en rapatriant de Hongrie une production qui y avait été délocalisée il y a quelques années, mais qui souffre d’un manque de qualité. Depuis l’acquisition du groupe Legrand par le consortium constitué principalement de Wendel Investissement et de KKR, la rentabilité des actionnaires semble prendre le pas. Le groupe investit pourtant et consacre 5 % de son chiffre d’affaires à la R et D. Legrand est un groupe solide, avec de bons résultats, son chiffre d’affaires a augmenté de 9,2 % entre 2010 et 2011. Aussi, alors que la Seine-Maritime est fortement fragilisée ces derniers mois dans son outil industriel, j’ai demandé au ministre de peser sur le groupe Legrand pour que celui-ci s’appuie dans sa stratégie de développement sur les sites seinomarins, en y déployant à court terme de nouvelles productions issues de sa R et D, pour pérenniser l’activité, et mettre à profit le savoir-faire des employés des sites de Fontaine-le-Bourg et Malaunay. Alors que cette semaine, est organisé la semaine de l’industrie en France, il me paraissait incontournable d’être aux côtés des salariés de l’industrie, comme ceux de Legrand, mobilisés pour sauvegarder ce fleuron de l’industrie normande.