La délégation n’a pas été reçue dans son entier par le maire, suscitant une grande irritation des personnels de santé, parfois venus sur leur temps de repos.
Le personnel hospitalier en gériatrie du Groupe Hospitalier du Havre en a ras-le-bol. Un premier mouvement de protestation s’est matérialisé avec la grève reconductible à l’EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de Rouelles, toujours en vigueur. Jeudi, à l’invitation de l’intersyndicale SUD, CGT et CFDT, une délégation arrivait en mairie où était programmée une entrevue avec le maire du Havre, Edouard Philippe, par ailleurs président du conseil de surveillance de l’hôpital. « Nous voulons l’interpeller sur nos conditions de travail sans espérer de solutions miracles de sa part. Mais nous voulons clairement dénoncer la manière dont nous, personnel de gériatrie, et nos résidents sont traités », explique d’emblée Françoise Gosset, déléguée syndicale Sud. Dans le hall, dans l’attente du rendez-vous, c’est de l’indignation et de la fatigue qui s’expriment.
Depuis 2009, un certain nombre de lits long séjour des établissements havrais ont été transférés en accueil Ehpad, influençant les conditions de prise en charge des résidents.
Plus aucune sécurité
« Alors que l’effectif minimum de sécurité affiché en Ehpad est de quatre infirmières par jour (contre neuf par le passé), à Rouelles, par exemple, elles ne sont régulièrement que deux pour 169 résidents. Et la nuit, nous disposons d’une seule infirmière qui doit être mobile sur les quatre sites de la ville ». On compte Rouelles, Sanvic, Pasteur sans oublier Calmette et son accueil de long séjour.
La délégation insiste évidemment sur le fait que ce sous-effectif nuit à la bonne prise en charge des résidents, des personnes qui s’installent médicalement dans la dépendance, sans oublier d’évoquer, photos à l’appui, la vétusté des locaux dans lesquels ils sont accueillis. « Et tout ça pour continuer à payer un minimum de 1.870 euros par mois ».
Une question s’impose alors : pourquoi une pareille situation semble figée dans l’immobilité ?
Le personnel de gériatrie entend désormais sensibiliser à son propos l’Agence Régionale de la Santé, le 4 avril prochain.
Karine Lebrun
Réaction du directeur du GHH : «Rouelles, c’est évident, n’est pas adapté du tout, il faut le foutre en l’air ». Philippe Paris, le directeur du Groupe Hospitalier du Havre, sait pertinemment les difficultés rencontrées sur le site de Rouelles. « Elles se manifestent en terme d’effectifs, d’architecture des lieux, de confort général de travail ainsi qu’en termes de sécurité incendie ».
Sur le plan des effectifs, le directeur affirme « que le déficit médical qui existait il y a encore quelques mois, a été comblé ».
Quid des infirmières en moins ? « L’Ehpad impose une nouvelle organisation de travail. Nous sommes dans le respect des textes. Parce que l’Ehpad fonctionne comme une substitution de domicile, il n’oblige même pas au maintien d’une infirmière de nuit auprès des résidents. Mais je comprends que cette nouvelle organisation, un peu brutale dans sa mise en route, soit mal appréciée des personnels ».
Bientôt un regroupement ?
Sur le feu est un dossier de regroupement des Ehpad publiques de la ville du Havre qui permettrait la reconstruction de 243 lits. « Deux études sont en cours afin de déterminer le meilleur mode de financement ainsi que le niveau de financement du conseil général, source de financement de l’hôtellerie et de la dépendance de ce type d’établissements. Notre souhait est que la part qu’il restera à la charge des résidents ne soit pas trop importante ». En fin d’année, des conclusions seront données.
Des études donc, des projets à venir….mais en attendant ?